- L'autre peut être soi - [Tyssia]
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Re: - L'autre peut être soi - [Tyssia] ─ Dim 3 Déc - 18:27
Tyssia d'Opale
    Tyssia d'Opale
    Aristocrate




    L'autre peut être soi


    Leur regard demeurèrent rivés l’un à l’autre dans un immobilisme dérangeant pendant un temps infiniment long. Était-ce le fruit de son imagination ou percevait-elle réellement une onde de danger se dégageant du corps de l’homme ?  Un danger, mais pas seulement… Quelques choses d’autres, qu’elle n’arrivait pas à définir. Avait-il compris ses paroles ? Il rompit le contact visuel, permettant à la barbare de reprendre une respiration plus légère. Il entama ensuite des aller-retour dans la pièce avec l’aisance d’un félin. Il lui faisait penser à un lynx barrant le passage à une proie, sauf que là, il ne lui barrait que l'accès à son lit qu’elle n’utilisait pas en temps normal, préférant dormir à même le sol…

    Elle fronça les sourcils, stoppant ses réflexions lorsqu’elle prit conscience qu’il avait arrêté d’arpenter les lieux. Son regard capta son rictus. D’une manière qu’elle ne voulait pas analyser, elle frissonna, puis cligna plusieurs fois des paupières. La Thoréenne partait-elle en guerre ? Elle n’avait jamais été en paix depuis que le comte Arpad lui avait appris ses origines.Elle voulait retrouver cette paix, alors oui l’on pouvait le conclure de cette manière. Elle haussa légèrement les épaules.

    -Seule je l’ai toujours étais, cela ne change pas grand-chose…

    Bon sang ! Pourquoi lui avoir parlé ? Elle ne connaissait rien de lui et il pouvait être un espion venu lui extirpé ses intentions. Elle reçut comme un électrochoc à cette idée. Elle lui avait fait confiance si facilement, était-elle idiote ou seule au point de prendre des risques aussi inconsidérés ? C’est son tour de se déplacer dans la pièce nerveusement, se demandant si elle devait le laisser partir ou le tuer… Elle lui lance un rapide coup d’oeil avant de secouer sa crinière brune. Elle s’était laissé avoir par ses mots prononcés d’une voix douce et ce regard intrigant… Sans cesser de marcher, elle reprend.

    -Ce n’est pas une guerre, ce n’est pas la mort et le sang que je cherche, je veux juste un endroit où me réfugier, un endroit loin de leur regard, de leur jugement… Je veux être chez moi...

    Elle se figeant brutalement, les bras croisés sur sa poitrine. Que faisait-elle là ? Elle se confiait encore à cette étranger. Pourquoi ? Pourquoi arrivait-il à lui arracher des confidences aussi facilement, il devait partir. Elle le regarda de nouveau, elle ouvrit la bouche, mais la referma, incapable de lui ordonner de partir… Elle ne voulait pas le voir quitter la chambre, se rendit-elle compte complètement désarçonnée par cette découverte. Que devait-elle faire maintenant ?




    Re: - L'autre peut être soi - [Tyssia] ─ Dim 3 Déc - 20:44
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      Il l'écouta répondre. Il l'observa secouer sa tête, agitant ses longs cheveux dans une cascade de boucles ténébreuses et hypnotisantes. Chacun de ses sons, chacun de ses mots, de ses gestes étaient décortiqués par Rian. Il ne saisissait toujours pas tout les tenants et aboutissants de ses paroles. Ni où elle tentait de l'amener par ses confidences. Il avait appris à être méfiant, un peu trop, jamais assez. Pourtant il restait là, à écouter, à devenir complice sans ne s’être encore impliqué plus que par l'écoute. Il se questionna un instant, pour savoir ce qu'il désirait. De toute évidence, interrompre cette conversation ne le tentait pas, aussi périlleuse soit-elle. La retrouver inerte, inanimé, payant le forfait de son audace non plus.

      -Ce n’est pas une guerre, ce n’est pas la mort et le sang que je cherche, je veux juste un endroit où me réfugier, un endroit loin de leur regard, de leur jugement… Je veux être chez moi...

      Pas de guerre ? Ni de morts, ni de sang ? Et elle espérait un chez soi ? Il la regarda de façon assez sceptique, perplexe de ce qu'il venait d'entendre. Il se surprit à plisser les yeux. Etait-ce une escapade, une habile manœuvre pour ne pas s'engager de trop par ses paroles ? Il ne saurait réellement le dire. Par respect respect pour ses habitudes et pour elle, il ne chercherait pas à avoir tout les détails. Il en valait mieux ainsi, pour tout deux. 


      Puis se fut à elle de faire les cents pas, imitant Rian. Il ne cessait de reproduire les mêmes actes depuis le début de leur rencontre, spontanément, s'échangeant positions ou émotions. Un observateur avisé n'aurait pas mieux décrit la scène en les qualifiant de reflets. Chacun avec ses particularités bien à lui, avec ses propres démons, mais issu d'une racine commune. Il ne la quitta pas des yeux tout le long. Mais il en profita pour faire quelques pas en arrière. Près de lui se trouvait un fauteuil et il le tira pour s'y installer sans autre forme de courtoisie. Il avait besoin de rassembler ses idées et rester les bras ballants face à la dame l'avait lassé. Le sentiment d'en avoir trop fait. L'idée d'avoir trop donner. Le loup grognait. Il perdait du terrain et s'agiter dans les parois abyssales de son âme. 


      Il imagina le "chez soi" de Tyssia, avec un peu d'effort et y parvint. Rien de fameux. Juste la paix. Cette paix qu'il chassait comme un fou, un aliéné, sans parvenir à mettre la main dessus. Chaque mort, chaque tuerie, chaque épreuves lui semblait justifié pour l'approcher mais la réalité était plus amère encore. C'est qu'il s'en éloignait à chaque fois un peu plus. Il imagina son chez lui, sa Paix... Encore. Insistant. Sans succès. Existait-elle ? Y parviendrait-il ? Rien ne venait. Ni image. Ni calme. Ni lucidité. Juste un tourbillon de noirceur et de formes fantomatiques. Juste un amas flou de quelque chose qu'il ne parvenait pas à identifier. Rien qui ne semblait éclairer son avenir. 

      Il reposa alors ses yeux sur elle. L'admira un instant. Il avait occulté la beauté qui se dégagée de cette femme jusque la, de cette noblesse naturelle qui émanait d'elle. Il avait rencontré beaucoup de chefs, de combattants, de dirigeants. De près ou de loin. A tous, il leur manquait quelque chose. Souvent au combattant cette noblesse charismatique. Souvent au noble, cette hargne énergisante. D'elle, il lui semblait qu'il ne manquait rien. Un tableau illuminant qu'il prit soin de mémoriser parfaitement, même s'il ne dura que quelques instants.

      Puis, il joignit ses deux mains, les fixant, avant de prendre parole :

      - "Attends-tu quelque chose de moi, Tyssia ? "

      Sa question se porta d'une voix naturelle, neutre. Une réelle interrogation. Il ne pouvait deviner ni les intentions ni les projets de cette femme. Mais il savait qu'inéluctablement, un jour, elle aurait besoin d'aide, de soutien. Ils étaient opposés et proches. A l'image d'une colombe et d'un corbeau. Pourtant, chacun à leur manière, ils volaient  le même rêve. 
      Re: - L'autre peut être soi - [Tyssia] ─ Mer 6 Déc - 19:51
      Tyssia d'Opale
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        Aristocrate




        L'autre peut être soi


        Il ne la croyait pas, elle pouvait le lire dans son regard, son attitude et ses mimiques. Qu’importe de toute manière, elle n’avait pas à s’expliquer devant lui. Il allait disparaître et retourner à sa vie une fois cette petite discussion terminée. Tuer ne l’ennuyait pas outre mesure, mais à l’exemple du cycle naturel de la nature, elle ne le faisait que si elle n’avait pas le choix. Tous les animaux ne combattaient pas physiquement pour récupérer un territoire… Cela ne semblait pas être le cas de l’homme qui lui faisait face… Chassait-il par plaisir à l’image des chats bien domestiqués de l’impératrice ? C’était une possibilité.

        Il sembla se replonger dans ses réflexions. Elle en avait certainement trop dit pour ne pas le faire fuir. Pourtant, loin de se décider à partir, il s’installa sur son fauteuil. À l’aise, comme si les lieux lui appartenaient. Intérieurement, elle grogna de cette intrusion dans son intimité sans gêne. Un bref instant, l’envie de filer un coup de pied dans le siège et le traîner dehors lui traversa l’esprit. Bien sûr, elle n’en fit rien, ce n’était pas vraiment chez elle ici. Il reposa son regard sombre sur elle sans qu’elle ne sache trop quoi en penser. Que pouvait bien penser Rian ? Son propre regard clair l’analysait à nouveau à la recherche d’indices.

        Finalement, sa réaction lui tira un regard rond, qu’elle cacha rapidement en se remettant à arpenter encore la chambre. Devait-elle se mettre en colère ? Oui, elle l’était. Croyait-il qu’elle lui avait dit cela pour mendier son aide ? Après tout ce discours, il la traitait finalement comme une faible Euratienne… Elle secoua à nouveau ses boucles brunes avant de lui lancer un regard noir.

        -Tu penses que j’ai besoin de ton aide ? Me crois-tu idiote ou faible, Rian ? Je n’ai pas survécu jusqu’à maintenant en troquant ma dignité et ma liberté pour une pauvre promesse d’aide…

        Elle fit quelques enjambées jusqu’à la porte, déposa ses doigts sur la poignée avant de relever son visage sur lui.

        -Si tu me prends pour ce genre de personne, autant repartir tout de suite, nous n’avons plus rien à nous dire.

        Bien qu’en colère, elle savait que s’il franchissait cette porte, elle aurait du mal à oublier. Elle le scruta attendant de voir s’il allait partir calmement ou en la menaçant. C’était une habitude chez les hommes de menacer lorsqu’on obtempéré pas.




        Re: - L'autre peut être soi - [Tyssia] ─ Lun 11 Déc - 19:34
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          Invité
          -Si tu me prends pour ce genre de personne, autant repartir tout de suite, nous n’avons plus rien à nous dire.


          Il ne détacha pas son regard d'elle. Pas même lorsqu'elle lui indiqua la porte. Pas même lorsque la colère sembla résonner dans sa voix. Ou la déception. Il eut un léger sourire en coin, furtif. Il existait peu d'êtres exceptionnels en ce monde. Mais à ce moment, Rian fût convaincu d'être face à l'un d'eux. Il fallait un cœur renforcé en acier trempé et un culot incontestable pour refuser, en une telle situation, l'aide proposé. Fier. Fière, elle l'était. Et elle le prouva, telle qu'il l’espérait, telle qu'il avait pu imaginer l'enfant des montagnes, la seule dans sa morne existence à être capable de mettre des mots sur ce qu'il ressentait. A ressentir ses mots. Tyssia d'Opale semblait n'avoir en commun avec ces gens qu'un nom. Et il était aussi très peu probable, pour lui, qu'elle partage avec eux le même sang. Bien qu'il ne soit pas coutumier de la haute sphère, les quelques rapports qu'il a jusque la entretenu avec eux se sont avérés peu intéressants, sans aucune prétention. Peu méritaient le respect de leurs pairs. Peu ne considéraient pas que leurs faveurs leur étaient dus. Choisis, élus d'entre tous, pour leur indéniables qualités. La notion de lutte ne leur était pas inconnu. La notion de proprieté leur semblait cependant différentes de celle de la majorité. Tyssia échappait à cette configuration malsaine. De tout à rien puis, de rien à tout. Ainsi prenait sens la propriété, les faveurs. Personne ne mettait jamais le pain dans la bouche d'un autre. Tout devait se prendre. Oui, Rian le savait. Tout se doit d’être arracher ou à défaut, d'être observé avec envie. Mais l'avis de la dame à ce sujet semblait différent. Peut-etre croyait-elle sincèrement - et à raison- que le sang ne viendrait souiller son sillage. Peut-etre croyait elle sincèrement à une manière de parcourir sa voie sans distribuer griffes et crocs... Les pensées de Rian s’emmêlèrent rapidement. Etait-elle crédule ? Naive ? Non. Son regard trahissait nombres de chose mais point de crédulité. Le voila confus, alambiqué par une brume épaisse. Malgré toute sa bonne volonté mise au service de ce sujet, il ne voyait pas d'autres alternatives. Mais plutot que de se murer dans le conflit et l'affront verbal, indigeste et borné, il se tût. Les grandes diatribes et les débats passionnés, il les laissait à d'autres.


          Installé au fond du fauteuil de son hote, il ne la quitta pas du regard. L'atmosphère s'était peu à peu transformé, laissant place à quelque chose de plus lourd. Pas de haine, pas de tension. La déception s'était immiscé peu à peu entre eux, timide encore. Ne sachant pas si elle devait s'abattre sur l'un, l'autre, ou les deux. Chaque jeu coûte un prix. Et Rian savait pertinemment qu'il ne pouvait attiser, tester ou susciter quelques réactions sans avoir à en assumer un juste retour. Toujours impassible, il se redressa. La lumière avait considérablement faibli à l’extérieur, trahissant le temps écoulé durant leurs longs échanges. La pénombre gagnait peu à peu la pièce qui était en l'état, sans éclairage, profitant de son exposition naturelle au soleil durant la journée. Rassuré et conforté dans son élément, un léger soupir s'échappa de lui. Ses yeux cherchait les tapis de fleurs à l’extérieur, lorgnant par la fenêtre, passant du ciel à la terre, des couleurs vives des pétales à celle du ciel rougeoyant. Un début de crépuscule qui laisserait peu à peu la nuit et l'obscurité envelopper Terre et Cieux. 

          Il finit par complètement se tourner vers la brune. Sans aucun empressement et d'une flegme qui aurait pu sembler exagérée si la nonchalance de Rian n'était pas devenu légendaire il s'approcha d'elle. Un peu trop. Il le vit dans ce geste de recul instinctif. Celui du gène, face à l'hote qui s'invitait de trop. Il se voulut rassurant, les mains en évidences, les traits sereins. Leurs épaules étaient presque aux même niveau, Tyssia légèrement en retrait. Il approcha sa tempe de la sienne, avant de complètement la coller. Et il imita le peuple qu'il haïssait pourtant tant et tant, imitant parfaitement traditions et histoire, ce qui le maintenait dans perpétuellement entre un dégoût de soi permanent et une fierté indescriptible. En Thoréen, d'une voix calme, à peine perceptible, il conclut :

          - " Les combats se remportent seuls. Les guerres, avec des alliés Tyssia. "

          Ce geste ne s'offrait qu'aux guerriers. Aux freres. Aux soeurs. A ceux avec qui l'on partageait le choc des fers et les cris d'agonies. A ceux qui méritaient que l'on tombe à leurs cotés, dans une dernière symphonie mortelle. A n'en pas douter, aucun mots n'aurait pu avoir un sens équivalent à ce geste. Plus qu'un hommage, il se voulait aussi rassurant, franc et totalement limpide. Il fit un pas de coté, pour rendre à la femme son intimité qu'il n'avait que trop occupé. Tout aussi près de la porte qu'elle, il cherchait à savoir ou ils en étaient. Ou est-ce qu'elle en était. S'il était devenu indésirable et inopportun ou au contraire, si ses mots avaient résonné en elle.
          Re: - L'autre peut être soi - [Tyssia] ─ Mar 12 Déc - 17:00
          Tyssia d'Opale
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            Aristocrate




            L'autre peut être soi


            On congédiait un Euratiens inopportun. On mettait à la porte un Thoréen mal embouché. Mais, on ne dictait pas sa conduite à un animal sauvage. Lui, il faisait ce qu’il voulait au moment ou il le voulait et elle l’avait déjà compris avec Rian. Pourtant, cette réalité ne prit réellement forme qu’au moment ou leur regard se croisèrent à nouveau. Les premiers pas qu’il fit dans sa direction lui rappelaient encore une fois la démarche d’un félin tentant d’amadouer sa proie. Cette pensée la fit frissonner. Finalement, à mesure qu’il se faisait plus proche, trop à son goût, c’est la méfiance qui l’emporta sur toutes autres réactions. Instinctivement, elle recula heurtant de son dos la porte.

            Il était encore temps de sortir son arme et de s’en servir contre lui, elle avait l’avantage de la surprise. Seulement, elle resta plantée sur place, incapable de s’arracher de sa contemplation alors même que sa tête lui criait de l’attaquer… Elle mit un temps pour comprendre et pour reconnaître aussi ses gestes. Elle ferma les yeux un instant afin de calmer sa respiration et les battements affolés de son coeur. S’il semblait calme, pour elle c’était tout l’inverse. Elle pouvait sentir son odeur, son souffle chatouillant sa peau…

            Elle ouvrit subitement ses yeux, fixant un point droit devant elle. Pourquoi faisait-il cela ? Ils n’étaient pas plus Thoréens que Euratiens après tout. Ces gestes n’avaient plus de sens où peut-être bien trop. Sa voix résonna à son oreille glissant des mots qui auraient pu la rassurer s'ils avaient été prononcés par un frère…

            Il finit par faire un pas de côté pour s’éloigner. Sa main lui saisit alors brusquement le col en réflexe, rapprochant son visage tout près du sien.  Ses prunelles sondèrent silencieusement les siennes avec intensité. Que lui voulait-il à la fin ? Elle était plus intriguée qu’en colère et maintenant qu’il était si proche, elle pouvait se perdre dans son regard intrigant… Ses yeux étaient vert alors qu'elle les pensaient plus sombre et ils étaient immenses. L'impression d'avoir face à elle un félin se renforça. Elle se rapprocha dangereusement, fascinée....

            - tes yeux sont étranges…

            Elle le relâcha d’un coup tout en se mordant la langue. Mais qu'est-ce qui lui prenait ! Elle ne cessait de réagir étrangement depuis qu'il était apparu dans ce couloir. Elle allait commencer à croire qu'il lui avait vraiment jeté un sort. Elle fronça les sourcils et le fixa.



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