Solène Sombrebois - l'arme du Trimurti
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Solène Sombrebois - l'arme du Trimurti ─ Jeu 27 Sep - 21:11
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Solène Sombrebois


“La justice sans la force est impuissante
La force sans la justice est tyrannique.”




26 ans
Originaire de Sombrebois,
baronnie de Rivemorte, comté de Néra

Vassalité : Duché de Néra, comté de Néra
Statut social : Petite noblesse
Son métier : Chevaleresse de l’Ordre de la Rose


Caractère




  • Honorable - Têtue - Pieuse - Violente - Franche


  • Avec Solène tout est simple, pas d’hypocrisie, de manipulation, de mensonge. Si elle apprécie, elle le dit, si elle n’apprécie pas, elle le dit aussi, ou elle s’en va. Elle ne fait pas de politique, laissant cette tâche à des gens autrement plus doués qu’elle pour ça. La chevaleresse fait parler les poings ou les armes, c’est comme ça qu’elle fonctionne, frapper d’abord, parler ensuite. De toute façon la plupart du temps les conversations sont barbantes et les gens mentent comme des arracheurs de dents. Et puis c’est long, toujours très long, les rencontres diplomatiques, les discussions à n’en plus finir sur des sujets auxquels de toute façon, elle n’entend rien. Mais le pire ce sont les politesses à n’en plus finir, elle sait que les Ducs et autres Comtes n’ont pas le choix que de verser dans ces convenances policées, mais elle trouve ça d’un ennui mortel et n’a de cesse de se dire que si les puissants passaient moins de temps à faire semblant de s'apprécier, ils règleraient peut-être plus de problèmes. Mais là aussi, tout est simple, ça ne l'intéresse pas, elle fait juste son métier, si sa mission est d’assister à un rendez-vous protocolaire ennuyeux mais très certainement d’une importance capitale pour le duché, elle le fera.

    Voici ce qui l'intéresse : l’honneur, la justice, la gloire, la guerre, les batailles, les combats, gagner, de battre, la protection de Courage et bien sûr, en tout premier lieu, la protection du duché et de l’Empire. Les Dieux lui ont dit que c’était là sa mission dans la vie et qu’elle devait consacrer toute son énergie à servir l’Empire pour leur plus grande gloire. Elle s’y attèle avec toute sa volonté et tout son courage et compte bien être en mesure de le défendre contre n’importe quel ennemi, avec son javelot, son cheval, son épée, sa dague et ses poings. Elle doit encore travailler, s'entraîner encore et encore, mais un jour elle sera la meilleure combattante d’Eurate et pourra défendre le pays contre tous ses ennemis. Ou si non, elle mourra en essayant. si les Dieux la rappelle, c’est qu’ils ont certainement une bonne raison.

    La jeune femme est une justicière dans l’âme, elle ne supporte tout simplement pas l’injustice, c’est viscéral. Elle sait qu’elle peut assez facilement se faire justice elle même, mais évitera par loyauté envers le Duc et l’Ordre si cela est susceptible de créer des problèmes, cependant, elle peut déraper. De plus, comme elle sait se défendre, elle estime qu’elle n’a pas la priorité de sa propre justice. En revanche, si elle est témoin d’une injustice, elle pourra aisément sortir du cadre de ses attributions pour protéger la veuve et l’orphelin ou réparer l’injustice à sa manière disons, très… musclée. A noter cependant que pour elle, la hiérarchie féodale est dans l’ordre des choses et ne saurait être remise en cause, même si elle est consciente que tous les Seigneurs ne sont pas justes et honorables. Ainsi, la frontière entre justice et injustice n’est pas toujours très claire et la blonde a sa propre vision des choses en la matière.

    L’intelligence n’étouffe pas la guerrière, n’allez pas croire qu’elle est idiote, mais disons que son esprit n’est généralement pas ce qu’on remarque en premier, si on le remarque un jour. La stratégie et les complots ne sont pas sa tasse de thé du tout, ce qu’elle aime c’est voir la crainte dans les yeux de ses ennemis, attaquer de front et péter des dents, couper des bras, transpercer des boucliers, charger. Légèrement tête brûlée sur les bords et beaucoup au milieu, sa témérité est presque légendaire tout comme sa droiture et sa loyauté. Elle suscite le respect ou le gagne par les armes et apprécie le cran plus que toute autre chose. Femme forte et sauvage, froide et brutale au combat, c’est une farouche guerrière. Si vous la défiez, elle peut s’avérer dangereuse, mais pas imprévisible, elle répond toujours, et plutôt tout de suite que plus tard, pour elle, qu’il s’agisse de vengeance ou de se faire respecter, c’est tout de suite qu’un affront se paye, et ce quelque soit le danger. Personne ne peut d’ailleurs prétendre qu’elle manque de courage ou d’aptitude pour le combat. N'allez pas croire qu'elle ne perd jamais, cela arrive, mais elle mène tous les combats sans sourciller, jusqu'au bout, et lorsque défaite il y a, elle l'accepte avec autant de dignité qu'elle accepte la victoire.


    Physique



    Solene est grande (1m70), pour une femme, mais même plus que certains hommes, de plus, sa corpulence athlétique la rend relativement impressionnante. Lorsqu'elle était plus jeune, son visage d’ange avait tendance à la décrédibiliser, ce qui l'énervait au plus haut point. Les entrainements intensifs et l'existence de combats qu'elle mène ont eut raison de son visage juvénile, même si elle fait toujours plus jeune qu'elle ne l'est. Son père lui disait qu’elle était trop jolie pour se destiner à une carrière militaire, hé bien grand bien lui fasse, elle n’avait peut-être pas le physique de l’emploi, mais elle a travaillé, plus dur, plus longtemps, avec plus d’acharnement et elle est parvenue à ses fins. La grâce qui aurait pu être sienne se révèle d'une toute autre nature avec une armure de plate et son épée à la ceinture. Quand elle marche à grand pas vers sa mission ou qu’elle hurle pendant une charge de cavalerie lourde. La guerrière à depuis longtemps pris le dessus sur la fraîche jeune fille et c’est bien tout ce qu’elle désirait. Cependant, le charisme et la puissance qu’elle dégage passent rarement inaperçu.  

    Forte, agile et rapide, elle manie l’épée mais aussi la lance et sait se battre à main nue ou avec une dague. Vous l’aurez compris, elle préfère se battre au corps à corps et tuer en regardant son ennemi droit dans les yeux. Elle y prend d’ailleurs un certain plaisir. Ses yeux qui passent du bleu au gris selon la lumière, le temps, son humeur, entre mer démontée et acier implacable sont parfois très durs, reflétant toute sa détermination et sa hargne. Elle peut vous glacer le sang d’un regard et vous tuer d'un geste. Elle possède des cicatrices plus ou moins importantes absolument partout sur le corps, qu’importe, elle n’a pas choisi une vie destinée à l’embellir, ses mains sont calleuses, sa peau et ses cheveux sont asséchés par la vie à l'extérieure et ses lèvres souvent gercées. En revanche, il ne manque aucune dent à son sourire parfois enfantin, parfois carnassier. Le plus souvent, elle se tresse les cheveux, sa mère lui a fait promettre de ne pas les couper court et si elle n’en fait qu’à sa tête sur bien des sujets, elle ne saurait trahir un serment. Elle a donc trouvé d’autres solutions pour ne pas qu’ils la gênent lorsqu’elle se bat.

    Se voyant comme un garçon, ou tout du moins, une sorte d’être asexué qui ne peut en aucun cas susciter le désir, elle a du mal à se faire à l’idée que son corps puisse être autre chose qu’une arme. Elle est une arme, celle du Trimurti et c'est ainsi qu'elle sert les Dieux, tant qu'elle le peut. Pourtant, elle sait qu’elle est une femme et qu’elle devra un jour, faire son devoir dans le cycle, mais cette idée est tellement éloignée de sa réalité, qu’elle est beaucoup trop abstraite pour y penser sérieusement. De plus, il y a tout de même de grandes chances pour qu’elle tombe sur le champ de bataille bien avant d’avoir pu donner naissance à un enfant, peut-être d’ailleurs est-ce qu’elle souhaite. Quand à la question de savoir comment on fait les bébés, elle n’en a aucune idée et ne s’en préoccupe pas, cela fait partie des choses qui ne l'intéressent pas et qu’elle n’a pas nécessairement envie de comprendre. C’est un peu beaucoup demander à une femme qui n’a jamais dormi qu’avec son épée.


    Histoire



  • Genèse

  • - 1195 : Naissance de son père, Ronan Sombrebois, second fils du précédent Lord
    - 2205 : peste, le grand frère du père de Solene hérite du domaine à la mort de son père.
    - 1214 : Tout juste adoubé, Ronan participe à la guerre contre les Közh. Son frère aîné meurt sans descendants durant cette guerre, c’est le père de Solène, promis à la voie martiale qui hérite du domaine alors que son cadet intègre le Trimurti.
    - 1219 : Dévaluation de la monnaie impériale. La famille voit sa fortune ancestrale décroître drastiquement. Ils sont contraints de vendre des terres.
    - 1220 : Bien mauvais gestionnaire, Ronan se marie à la fille d’un de ses voisins : Sarah. Contrairement à son époux qui est avant tout un soldat et un chevalier, elle a toutes les compétences pour administrer le domaine. Ils forment une fameuse équipe et l’amour naît peu à peu de cette union de circonstances...


  • An de grâce 1223

  • Sombrebois est un petit fief se situant à l'extrémité ouest de la baronnie de Rivemorte à la frontière avec le comté de Corduba. La majorité de ses terres sont constituées de collines pastorales et de bois sombres et sauvages, les terres y sont pauvres, sans grands attraits et la situation frontalière et éloignée de la capitale est un frein à toute expansion. Un petit village de pasteurs et de bûcherons est blottis au pied de la colline sur laquelle est construite l’antique forteresse. En effet, le château est une puissante forteresse datant de l'ère des Premiers Royaumes du temps où l’Empire n'existait pas encore et où le château de Sombrebois défendait la frontière contre ses voisins belliqueux. Celle-ci tombe en ruine et les deux tiers des bâtiments ne sont plus occupés ni entretenus, réduisant fortement sa grandeur d'antan, seule la demeure principale, haut donjon carré située au centre de la haute cour ainsi que les écuries, long bâtiment situé dans la basse cour, sont encore debout. Mais les deux ceintures d’épais remparts sont intactes et perchée tout en haut d’une des plus hautes collines du fief, un guetteur pourrait aisément voir l’ennemi approcher. Sauf qu’il n’y a plus d’ennemi qui vient de l’ouest ou du sud depuis des décennies…

    C’est ici que Solène naquit. Au creux du granit vert sombre de la demeure de l’humble Maison Sombrebois, pierre venue des montagnes voisines que la famille exploitait autrefois et qu’elle a perdu au fil de l’unification de l’Empire. Elle est l’aînée d’une sororité nombreuse de six filles et dénuée de fils au plus grand damne du père, chevalier, qui aurait aimé transmettre son métier à un garçon. Oui, la complicité père fils, le courage, l’honneur, la force, les batailles et les tournois. Un rêve qu’il ne pourrait jamais réaliser. Mais c’était sans compter sur sa fille…


  • An de grâce 1227

  • Dès qu’elle le pouvait, Solène grimpait tant bien que mal les hautes marches qui conduisaient au dernier étage du donjon. Grimpant sur le rebord d’un créneau, elle regardait les collines et les forêt en rêvant de chevaucher à travers la campagne pour sauver la veuve et l’orphelin, tout comme son père dont elle aimait tant écouter les histoires héroïques. Elle regardait et rêvassait, encore et toujours, jusqu’à même rater les leçons du percepteur ce qui lui valait de sérieuses corrections. Ce métier avait quelque chose de fascinant pour la gamine, comme un lointain idéal qu’elle pensait pouvoir toucher du doigt mais qui s'échappait à chaque fois qu’elle s’en approchait de trop près. Après avoir grimpé sur les créneaux du chemin de garde un millier de fois, après avoir traversé cent fois les tours de garde, après avoir passé des heures à traîner dans les écuries au lieu d’étudier, elle put faire le premier pas vers son rêve.

    Devenue aussi effrontée qu’imprudente, l’enfant terrible échappa une fois de plus à la vigilance de sa mère qui avait fort à faire avec ses filles en bas-âge et un domaine à gérer, d’autant que la seconde dévaluation de la monnaie impériale lui donnait du fil à retordre, mais aussi une belle opportunité de renflouer les caisses du domaines, ce qu’elle fit d’une main de maître malgré les frasques de sa fille ainée. Ainsi donc la blondinette partit à l’aube sur le cheval de son père, estimant d’un commun accord avec elle même qu’il était grand temps pour elle d’apprendre à monter à cheval. Elle avait dû empiler des caisses de bois et des bottes de paille dont on se demanderait longtemps comment elle avait pu les déplacer pour le seller. Pour monter dessus, elle avait escaladé la paroi de la stalle et avait plus ou moins sauté sur le dos du fier destrier qui l’avait mise par terre au moins cinq fois avant qu’elle ne parvienne à s'approcher suffisamment fort à lui pendant qu’il s’ébrouait ne sachant que faire avec cette petite chose blonde qui lui sautait sur le dos, pour enfin parvenir à se mettre en selle. Les mains et les genoux, le visage et les coudes écorchés et bleuis, elle était sortie de l’écurie à cheval, profitant du calme de l’aurore. Ni le sang ni la douleur, ni la longue route qui la séparait encore de la forêt ne pouvait l’arrêter. Une fois arrivée, après plusieurs heures de chevauchée, elle l’admira mouvante et verte, cet animal indompté qui faisait le cadeau de la Vie et de la Mort entre ses épaisses frondaisons. Mais, l’enfant, épuisée s’endormit sur un tronc d’arbre et ne se réveilla que lorsqu’un loup s’approcha en grognant. Elle était morte de peur et le grognement qu’elle poussa en réponse ne fit pas reculer l’animal. Mais dans sa grande sagesse, le Trimurti qui avait d’autres projets pour elle la sortit de là par le biais d’un chasseur qui tua le loup d’une flèche. Au service de Ronan, il avait reconnu la gamine et la suivait depuis un moment déjà pour s’assurer de sa sécurité. Il revint vers le village avec Solène sous le bras. Les hommes de Sombrebois la cherchait déjà partout car le cheval du père était revenu sans cavalier et que la petite manquait à l’appel. On remercia le chasseur avec un plein sac d’écus et on punit sévèrement la jeune fille. Elle reçut le fouet, puis enfermée dans les geôles humides de la forteresse familiale, elle put ressasser ses erreurs en ravalant sa bile pendant quelques semaines nourrie au pain sec et à l’eau. Mais ce traitement ne fit que l’endurcir et la motiver encore plus.

    Quelques mois plus tard, pour son anniversaire, elle recevait son premier poney et dès lors, apprit à monter avec assiduité. Elle s’avéra d’ailleurs nettement plus douée pour cela que pour la majorité des autres matières qui lui étaient enseignées au grand damne de ses parents.


  • An de grâce 1230

  • __ Père ! Je serais Chevaleresse ! »

    La gamine, haute comme trois pomme, âgée de 7 ans, faisait face à son imposant paternel, chevalier, marqué par les batailles. Elle se tenait aussi droite que possible en fondant son regard acier dans les yeux bleus clairs de son géniteur. La colère grondait en lui à l’idée de ce défi que Solène venait de lui lancer. Petite insolente, comment osait elle ! Mais il éclata d’un rire moqueur avant de lui répondre :

    __ Allons Solène, tu es bien trop jolie pour te battre. De plus, tu es l'aînée, tu héritera de Sombrebois à ma mort, donc tu dois faire de la politique, tu administreras le fief comme ta mère a su si bien le faire pendant que je me battais pour Néra et l’Empire. »

    La blondinette fonça sur son père, enlaça ses jambes et le poussa de toute ses forces avec son épaule. Il manqua de tomber, mais parvint à se rattraper et à faire lâcher prise à la petite fille d’une énorme baffe qui la fit voler un peu plus loin. La joue était écarlate et elle se releva en y portant sa main tant la douleur était cuisante. Mais elle ne pleura pas. Elle regarda son père en grognant, la lueur de défi dans son regard était plus palpable que jamais. Elle n’ajouta rien, tourna les talons et disparut dans les écuries. Elle savait que son père aurait préféré un fils pour lui transmettre son métier, ce magnifique et honorable métier de chevalier dédié à protéger les faibles, le peuple et aussi les nobles contre les méchants. Elle voulait faire ça, elle le savait au plus profond de ses tripes. La politique, l’histoire et tout le reste, elle n’en avait cure et l’enseignement que le percepteur essayait de lui fournir était une torture pour les deux. Pourquoi son père refusait-il qu’elle soit ce fils qu’il désirait tant ? L’une de ses petites sœurs présenterait bien quelques talents pour l’histoire et l’étiquette ou ce genre de chose que son père voulait tant qu’elle apprenne. Mais elle, tout ceci ne l'intéressait pas, elle voulait manier les armes, défendre la veuve et l’orphelin, se battre pour la justice comme le faisait son père. Ce père, elle l’aimait, elle l’admirait, elle voulait tout simplement devenir comme lui, grand et fort, solide comme un roc, digne et noble et absent, assez absent pour qu’elle l’idéalise totalement. Les relations avec sa mère étaient difficiles, elle ne la portait dans son cœur, elle la trouvait trop docile, trop soumise, pas assez courageuse et pas assez forte. Ce qui était absolument faux d’ailleurs, mais Solène passait bien trop de temps à attendre son père pour se rendre compte de tout ce qu’elle faisait. Sarah Sombrebois était une dame très digne, issue de la petite noblesse de Néra elle aussi, elle assumait son rôle de femme de chevalier à la perfection, gérant le fief d’une main de maître dans un gant de velours et supportant fidèlement les longues absences de son époux. Pourtant, ils auraient dû s’en douter, depuis qu’elle savait marcher, elle passait plus de temps à observer les entraînements des soldats sur la lice et à monter à cheval ou même parfois à faire semblant de se battre contre les hommes de son père avec une épée en bois qu’à étudier, se faire belle, s’habiller, se coiffer, parler...

    Solène sella son poney et partit au triple galop vers la forêt, elle montait depuis qu’elle tenait debout, son père lui avait appris. Le châtelain envoya ses hommes la chercher, des loups pouvaient rôder dans le coin. Mais ce qu’il ignorait, c’était que sa fille avait emprunté une épée dans l’armurerie et qu’elle s'entraînait en cachette depuis un petit moment déjà. Les soldats la trouvèrent en train de passer ses nerfs sur un arbre avec une arme bien trop lourde pour elle. Elle avait les mains en sang et ne sentait plus ses bras, mais elle sécha vite ses larmes de rage lorsqu’elle les entendis approcher. Ils décidèrent de ne rien dire à son père pour l’épée et l’un d’entre eux, touché par la volonté de la gamine décida de l’aider à s'entraîner. C’est ainsi que le travail débuta et il ne s’arrêterait qu’à sa mort, sur le champ de bataille.

    Passionnée, volontaire et consciente du risque que prenait le soldat en défiant la volonté de son seigneur, elle s’entrainait très dur. Elle ne compta rapidement plus les ampoules et les chutes dans la boue. Néanmoins, il la ménageait du fait de son âge, mais aussi de son sexe. Au bout de quelques années, elle s’en rendit compte et défia à nouveau son père. Elle savait que lui ne la ménagerait pas et elle voulait savoir où elle en était, mais surtout, lui prouver qu’elle n’avait pas eut besoin de lui pour devenir une guerrière.


  • An de grâce 1233

  • Du haut de ses dix ans, Solène se présenta devant lui avec son épée et une armure de cuir cousue pour elle par Serena qui excellait dans tout ce que le patriarche souhaitait pour son aînée. Sans un mot, elle frappa son front du plat de la lame en signe de duel et attaqua. Son père dégaina, surpris, il se contenta de parer le coup, l’arrêtant sans peine. Elle ne recula pas, repartant à la charge sans trembler. Cette fois, il contre-attaqua et l’envoya valdinguer quelques mètres plus loin dans la gadoue. Elle se releva, attendit, observa. Son père n’avait pas rengainé son épée. La gamine qui, trois ans plus tôt lui avait dit qu’elle voulait être chevaleresse s’était donné les moyens, il ne savait comment, d’apprendre à se battre. Il fallait lui reconnaître une certaine détermination et il respectait cela, il accepta donc le duel, pour ce qu’il était, une leçon. Le différentiel de taille de force et de pratique était bien trop défavorable pour qu’elle arrive à quoi que ce soit, mais il reconnaissait qu’elle se débrouillait bien pour une fille, très bien pour une enfant de dix ans. Il lui montra, sans ménagement aucun, ce qu’épouser le métier de chevalier signifiait. La douleur, la boue, les cicatrice, les coups, les bleus, le devoir, la volonté. Elle contra son attaque suivante, mais tomba tout de même à cause de la force de son géniteur. Il s’acharna sur elle, la frappant du plat de son épée, mais sans retenir ses coups. Elle dû rouler dans la boue jusqu’à en être couverte pour parvenir à s’échapper de la vindicte paternelle. Elle para en retenant son épée d’une main et le repoussa de toutes ses forces, puis frappa, tailla, le faisant même reculer. Il esquiva et lui mit un coup de coude dans la tempe. Elle tomba à nouveau, secouant la tête pour se remettre les idées en place avant de se relever. La leçon fut longue et douloureuse, elle n'abandonna que lorsque son corps ne put plus se relever, à moitié assommée, elle entendit son père dire

    __ D’accord, tu seras Chevaleresse ma fille. »

    Y avait-il une pointe de fierté dans sa voix ? La jeune fille n’en sut rien, elle perdit connaissance et dans ses rêves fiévreux, elle entendit pour la première fois, les Dieux lui parler, lui dire qu’elle avait eut raison de s’acharner et qu’elle avait une mission qui impliquait qu’elle soit la meilleure combattante de l’Empire. Ces voix ne la quitteraient plus jamais et plus d’une fois, elles la guidèrent. Elle savait que c’était eux qui s’adressaient à elle, ils ne se trompaient jamais quand il lui donnait des directives ou des conseils, elle ne pouvait pas en douter, elle pouvait le sentir au plus profond d’elle même.

    Il fallut une semaine pour que la gamine puisse à nouveau marcher et parler. Au bout d’un mois, elle n’était pas tout à fait remise mais avait récupéré la plupart de ses forces et facultés et son père reprit en main son entraînement. Elle apprit à manier l’épée, et la lance, à pied et à cheval ainsi qu’à monter de mieux en mieux. Pour payer son affront et son insolence, elle devait aussi effectuer les corvées les plus dures, mais cela et tout le reste l’endurcit et continua de la convaincre qu’elle était sur la bonne voie. Jamais elle ne perdit courage, s’accrochant à son rêve, ne lâchant jamais prise, ne rechignant jamais au travail. D’ailleurs, la voyant, déjà grande pour son page mais aussi fine qu’une brindille, charriant de lourdes armures, des armes, l’eau des chevaux, l’orge, les selle, des boucliers plus grands qu’elle, tout le monde compris que rien ne pourrait la dissuader de devenir Chevaleresse et qu’elle en aurait les épaules.

    Il ne la ménagea pas plus qu’à leur premier combat et il n’était pas rare qu’elle ait besoin d’un médecin, mais elle apprenait vite et chaque combat était une leçon riche en enseignement chèrement acquis. Oui, Le sieur de Sombrebois était fier de sa fille, il ne le montrait pas, mais le simple fait d’accepter sa volonté et de l'entraîner aussi dur qu’il avait lui même été formé en disait plus long que n’importe quel discours. Quand à elle, malgré les blessures et les défaites cuisantes, elle était ravie, elle savait qu’il fallait en passer par là, un enseignement rigoureux et dur, pour parvenir à l‘excellence. Ils eurent aussi un certain nombre de conversations sur la chevalerie, ses valeurs et son caractère presque sacré pour Ronan et pour elle bien sûr.

    __ La voie de la chevalerie est le chemin de la vie à emprunter pour les braves, pas une route qu’on peut voir, mais une qu’on peut sentir dans son cœur, comme le bien et le mal, comme le Cycle. Comme Sattva, Rajas et Tamas qui t’accompagnent à chaque moment de ta vie, même si parfois la création, les préservation ou la destruction est plus forte, les trois sont toujours présents et te permettent de retrouver l’équilibre des forces, de revenir dans le tout universel. N’oublies pas ma fille, que la mort n’est qu’un passage et que ton karma défini ce que tu seras dans ta vie prochaine. »


  • An de grâce 1234

  • __ ENCORE UNE FILLE ?! »

    Le Seigneur regarda la sage femme d’un air furibond, comme si celle-ci était responsable du sexe des enfants que Dame Sarah Sombrebois parvenait à mettre au monde. Oui, comme en 1223 pour Solène, en 1225 pour Serena, en  1228 pour Sophia, en 1231 pour Sigrid et enfin cette année là pour Sibylle, le couple ne parvenait qu’à enfanter des filles. Ce serait encore le cas en 1238 à la naissance de Servane après deux garçons mort-nés en 36 et 37. Or, encore maintenant, malgré le courage et la détermination de son aînée à suivre les pas de son père, il était chaque fois déçu de ne pas avoir un garçon. Cela ne changeait rien pour l'héritage, mais il se sentait bien seul entouré de femmes et il n'imaginait pas pouvoir developper le même lien affectif qu'avec un fils, même avec Solène qui pourtant lui ressemblait tant. Son premier né en était un, mais il était né sans vie et depuis, il en était de même pour tous les descendants de sexe masculin, en 1227 et en 1229. Il avait tant prié pour cela, de quel crime était-il donc puni. Était-ce donc trop demandé d’avoir un fils ? Cela avait pour conséquences d’éloigner les époux l’un de l’autre, peut-être même que dans son malheur, Ronan fut infidèle, mais cela resta un secret bien gardé si tel fut le cas. Mais la belle complicité des premières années, l’amour naissant du pacte de coopération entre les deux nobles aux caractères et aux compétences à la fois opposées et complémentaires se délitait peu à peu.

    __ Mais qu’ais-je donc fais au Trimurti pour mériter ça ?! »

    Il bouscula tous ceux qui se trouvaient sur son passage et fit irruption dans la chambre ou son épouse indigne se remettait à peine d’avoir mis au monde sa cinquième fille.

    __ Femme ! Pourquoi me tourmentes-tu ainsi ? »

    Pour la première et la dernière fois de sa vie, car il s’en voulut à mourir, il gifla la pauvre parturiente encore exténuée par l’accouchement et  l’allaitement et prit congé. Il en voulait aux Dieux de lui infliger cela, d’être le seul mâle de la maisonnée, de n'avoir personne avec qui discuter des femmes. Le soir venu, alors qu’il était parti boire avec ses hommes pour fêter à sa manière la naissance de sa fille, Solène vint le retrouver.

    __ Mais père, le Trimurti vous a donné un fils… C’est moi votre fils. »

    Les soldats éclatèrent de rire, mais le regard de la blondinette les fit rapidement taire, pas qu’une adolescente puisse leur faire peur, mais la flamme qui brillait à cet instant dans ses prunelles aux couleurs d’un océan déchainé forçait le respect. Tout comme son attitude, plantée avec fierté la main sur la garde de son épée qu’elle ne quittait plus depuis que Sire Ronan lui avait donné l’autorisation de la porter à la ceinture, dressée de toute sa hauteur, le menton levé.

    __ Je ne suis peut-être pas un homme, mais je suis aussi forte et aussi douée pour combattre que n’importe quel jeune écuyer de mon âge. Je deviendrais la plus grande combattante d’Eurate et je ferais honneur à votre nom père, je le jure solennellement. Je le sais, Tamas me l’a dit ! »

    Cette fois, même le regard et l’attitude parfaitement assurée de la gamine ne suffit pas à retenir le fou rire des soldats. Seul son père ne rit pas, il la regarda un moment interloqué, c’était la première fois qu’elle lui disait que les Dieux lui parlaient et il était choqué. Mais il finit par être lui aussi emporté par la vague de rire. Solène hurla pour seule défense :

    __ C’est vrai ! J’ai une sainte mission ! »

    Furibonde, elle rugit avant de tourner les talons et de retourner sur la lice pour s'entraîner et se défouler. Par la suite, elle évita soigneusement d’en parler, mais elle n’en était pas moins convaincue d’être en communication directe avec les Dieux et d’avoir pour mission divine de veiller sur Néra et sur l’Empire par les armes et donc de devoir absolument devenir une combattante émérite pour le défendre contre tous ses ennemis.

    Le lendemain, Ronan partait avec sa fille et ses soldats pour aller aider la veuve et l’orphelin contre les Joyeux Compagnons qui commençaient à devenir un véritable problème. C’était surtout un prétexte pour le Chevalier pour s'éloigner de sa femme et de sa maisonnée. Peut-être pas le meilleur moyen de se faire pardonner de son attitude indigne, mais le seul qu’il trouva pour faire redescendre la colère et pouvoir se pardonner à lui même avant de demander pardon à son épouse. Ainsi, pendant quelques mois, il parcoururent la campagne et massacrèrent tous les bandits qu’il débusquaient, c’était très rafraîchissant pour le père et très formateur et… étrangement amusant, pour la fille. Mais il était désormais temps de rentrer et de demander pardon...


  • An de grâce 1236

  • A la faveur de la brume hivernale, Sombrebois fut attaqué par un importante horde de bandits de grand chemin. Les Joyeux Compagnons faisaient des ravages depuis plusieurs années maintenant et Ronan su tout de suite que l’attaque était sérieuse. La position du château et ses défenses permirent à la famille de mettre leurs gens à l’abri avant l’arrivée des bandits. On ne déplora aucune victime et les voleurs ne tentèrent même pas de prendre la forteresse, mais le village fut pillé et brûlé, le bétail volé ou abattu. Néanmoins, sachant que les voleurs ne s'arrêteraient pas là et iraient piller d’autres villages, il envoya quelques uns de ses hommes les plus véloces donner l’alarme dans le comté. Évidemment sa fille insista pour en être et contre toute attente, il accepta. L’estimant digne de la plus difficile mission et surtout pensant qu’il était grand temps pour elle de quitter la sécurité du cocon familiale, il l’envoya à la capitale. La-bas, elle devait trouver un ami, Un frère d’arme de Ronan Sombrebois avec lequel il avait participé à plusieurs batailles : Agile d’Eaucendré. Ainsi, pendant que le père de Solène mobilisait ses soldats et partait à la poursuite des brigands, sa fille traversait le comté au triple galop tout en prévenant du danger, les citoyens et les nobles qu’elle croisait sur sa route.

    La blonde, déjà grande pour son âge, fut subjuguée par la beauté de la ville, mais n’eut pas le temps de s’extasier. C’est ainsi qu’elle rencontra celui qui, après son père, deviendrait son mentor. Elle était aussi sale qu’une mendiante et épuisée après des jours de voyage presque sans repos. Seul son beau destrier exténué lui aussi et ses armes trahissaient son rang. Néanmoins la nouvelle qu’elle portait suffit à la mener devant le Grand Maître de l'Ordre. Mettant un genou en terre elle dit d’un ton assuré malgré son manque de souffle :

    __ Sieur Agile d’Eaucendré, je suis Solène Sombrebois, fille de Sieur Ronan Sombrebois. Mon père vous fait dire que les Joyeux Compagnons ont passé la frontière Est et attaquent le duché. Il mobilise ses troupes et attend votre ordre. Je me tiens à votre disposition pour toute mission que vous me confierez. »

    La blondinette suivit les Chevaliers de la Rose jusqu'à rejoindre son père dans les combats qui suivirent et put y démontrer ses talents arme en main et ses valeurs ainsi que sa piété. Elle se garda toutefois de révéler qu’elle pouvait communiquer avec les Dieux.

    L’année suivante une place d'écuyer se libéra et Agile l’appela au sein de l’Ordre, tant pour l’amitié qu’il partageait avec son père que parce qu'il avait vu en Solène une future digne chevaleresse au service du Duc. L’adolescente intégra donc l’ordre de la Rose en tant qu’écuyère du Maitre, un poste extrêmement prestigieux pour une jeune femme de petite noblesse. Elle admirait cet homme autant qu’elle avait admiré son père, d’ailleurs au fil du temps, il devint pour elle un peu comme un second père. Pas qu’elle ait besoin d’un chaperon, quoi que. D’une grande naïveté pour les choses les plus humaines, Solène était jusqu’ici protégée par son père des déviances du monde réel. Désormais à la capitale, c’était très différent, heureusement, la blonde savait se défendre et n’hésitait pas à faire parler les poings si nécessaire. Mais passons, Agile était pour elle l’exemple même de la Chevalerie, un exemple à suivre et la perfection faite homme, dur mais juste, excellent formateur et brillant commandant.

    En revanche, l’entente avec un autre chevalier de l'ordre nommé Guillaume de Mornoie ne fut pas simple au début. Elle ne le trouvait pas assez martial et trouvait incongru qu’il aime la musique et les lettres tandis qu’il la trouvait froide et distante. Il n’était pas à l’image du guerrier qu’elle espérait devenir depuis tout petite, un homme comme son père ou comme Sieur Agile, un peu austère, soldat dans l’âme, n’ayant que peu de goût pour l’érudition et tourné tout entier vers les armes. Mais se fût sûr le champ de bataille, alors que le règne des Joyeux Compagnons touchait à sa fin qu'elle se rendit compte qu’ils possédaient tous deux les mêmes valeurs et un caractère finalement assez proche malgré leur divergences de point de vue. Elle le surnomma le Troubadour pour se moquer de lui, surnom qu’il accepta, voir apprécia. Mais si elle aimait plaisanter sur ses goûts qu’elle ne comprenait toujours pas, elle nourrissait un profond respect pour lui et  finit par apprécier ses chansons et sa bonne humeur qui égayaient les soirées au château de Rosépine et les missions. Au fil du temps, il prit ainsi une place importante dans sa vie. Il comprenait mieux Solène que beaucoup d'autres personnes et il connaissait la vie nettement plus qu'elle, aussi, il avait beaucoup de choses à lui apprendre et elle en prenait conscience peu à peu.

    La blonde gagnait en maturité, mais pas nécessairement en docilité ce qui avait le don d’exaspérer Agile qui la punissait en lui faisant faire les pires tâches, ce qui, hélas, ne lui apprenait pas la mesure. La blondinette avait encore grandit et forcit, et elle n’avait plus rien d’une jouvencelle si tant est qu’elle en avait jamais eut l’air. On apprit à la traiter avec respect par le mot acéré ou la morsure de l’acier et elle n’eut rapidement plus rien à envier à son père en terme de respect craintif. D’aucun l’estimaient pour son courage et sa valeur en tant que combattante. Ainsi, en dépit de ses défauts intrinsèques à sa nature impulsive, Agile trouva qu'elle s’était montrée digne de la Voie de la Chevalerie et du Duc, guerrière émérite elle ferait une excellent chevaleresse au sein de l'ordre.


  • An de grâce 1240

  • Solène n’avait encore jamais rencontré le Duc. Sa loyauté envers Agile, son père, le comté, l’Empire et les Dieux était suffisante pour faire fi de ce qui se racontait à son égard, mais elle craignait pour l’avenir de Néra avec un être faible et si mystérieux à sa tête et, malgré son prénom, elle ne pouvait l’estimer. Évidemment, elle n’en avait jamais parlé à son mentor ni à ses compagnons, mais elle le pensait incapable de diriger correctement son héritage. Il semblait ne savoir ni combattre, ni même faire face à son propre peuple. Sa première rencontre avec le Duc eut donc lieu le jour de son sacre et elle ne sut quoi penser. Enfin si, elle sut. C’était une femme bien sûr, mais pourquoi le cacher ? Pourquoi la corriger à chaque fois ? La blonde devait se rendre à l’évidence, c’était un sujet sensible et elle préféra, malgré une pointe de déception, ne plus aborder le sujet et s’en tenir à ce que Courage voulait montrer. Soit. Mais la question lui trottait toujours dans la tête et s'imposait à elle chaque fois qu’elle posait les yeux sur lui. En tout cas, s’il était vraiment un homme, il était loin de ressembler à l’idée qu’elle se faisait du sexe opposé. Déformation professionnelle oblige en plus d’une existence dans le monde des guerriers.

    Cependant, si elle doutait toujours de son sexe, au fil des années passées à son service, son opinion changea sur le reste. Elle ne doutait plus de sa capacité à gouverner et de ses qualités de Duc. Elle était le bras armée, cela ne changeait pas, jamais elle ne serait une négociatrice ou une politicienne. Mais plus elle voyait le talent du Duc pour le commerce et pour que le duché de Néra ainsi que sa capitale gagnent en renommée et en prospérité, plus elle l'appréciait. Elle s’était battue de toutes ses forces pour en arriver là où elle était et lui s’était battu pour survivre, elle pouvait le voir dans ses yeux, et pour faire de sa vie, étrangement commencée dans les bras de la mort, une force, une force différente de la sienne, mais une force tout aussi utile.

    C’est ainsi que, la blonde qui imaginait n’avoir besoin de personne pour survivre compris les bienfaits de la complémentarité. C’était à la fois une découverte et un élément terrifiant de l’existence pour elle. Pour que la société fonctionne, il fallait aussi des personnes habiles pour le commerce et pour la politique, des érudits, des artistes, bref, des gens différents d’elle, différents de l’idée de la perfection qu’elle avait toujours imaginée. Cela remettait en cause tout son système de pensées et de croyance. Pourtant il y avait trois Dieux différents et complémentaires, elle aurait pu s’en douter, et chacun était à sa place, c’était une évidence. Mais de là à dépendre les uns des autres, à devoir travailler ensemble, s’entendre.

    Elle pouvait prévoir les mouvements de sa lance, de son épée, les effets de ses coups et d’une dague savamment plantée dans la gorge pour empêcher tout son d’en sortir. Elle pouvait parer si ce n’est prévoir à toute éventualité sur un champ de bataille. Elle pouvait prévoir les réactions de son père car il fonctionnait comme elle. Mais elle ne comprenait rien au comportement, aux aspirations, aux réactions de la plupart des gens, même ceux qu’elle connaissait bien. Jusqu'ici, cela lui était égal, mais si tout fonctionnait ensemble et qu’en même temps les individus étaient incapable de se comprendre, comment faire pour que le chaos ne prenne pas le dessus ? Le monde se révélait être d’une complexité sans fond, vertigineuse. Elle y fit face en faisant la seule chose qu’elle savait faire, se battre avec ardeur, mais une fêlure dans son armure était apparue et elle ne parvenait pas à passer outre.


  • An de grâce 1243

  • A 20 ans, elle fut adoubée par Sieur Agile lui même et ploya le genoux devant Courage de Néra pour prêter allégeance et promettre de défendre le duc et le duché au péril de sa vie. C’est avec fierté qu’elle se releva, Chevaleresse Solène Sombrebois, membre du prestigieux Ordre de la Rose et qu’elle reçut son anneau d’or et d’argent à l’emblème de la Rose.

    Durant les années qui suivirent, la grande blonde fut envoyée en mission dans tout le duché. Pour apaiser les révoltes paysannes en 1243, pour réprimer le banditisme grandissant en 1244. La même année, Sigrid, qui souhaitait suivre la voie de son aînée pris les armes et devint écuyère. N’ayant pas le talent de son aînée, elle n’eut pas la chance d’intégrer l’Ordre de la Rose et Ronan ayant vieilli, ses frères d’arme se faisaient rare. Ainsi, par un mauvais concours de circonstances, la jeune femme se retrouva au service d’un Chevalier peu recommandable. Mais son aînée ne s’étant jamais plainte de la brutalité des entraînements imposés par Ronan, elle ne parla à personne de la façon dont il la traitait et persévéra dans cette voie espérant être adoubée au plus tôt.

    En 1246, elle fut chargée de surveiller les campagnes du comté pour endiguer d’éventuels feux dus à la canicule. Elle aida aussi les paysans à irriguer leurs cultures pour limiter les pertes. Cette année là, Sybille entra dans les ordres, Solène qui ne lui avait pas parler depuis des lustres ne sut jamais si c’était un souhait de sa part où la volonté de ses parents, particulièrement Sarah qui était très dévote. À la fin de l'année, l’ordre fut donné de protéger les côtes contre les raids. Contre les pirates, difficile d’être au bon endroit au bon moment et Solène n’arrivant généralement qu'après le massacre eut l’occasion de voir l’injustice de près et faillit en perdre la raison.


  • An de grâce 1248

  • Après avoir participé à la courte guerre de Durdinis, Solène rentra à la capitale pour apprendre que l’épidémie de peste avait emporté sa mère ainsi que la plus jeune de ses sœurs : Servane. Elle fut autorisée à revenir en sa demeure de naissance pour les obsèques, mais éloignée de sa famille et de sa maison depuis si longtemps, presque sans contact, la plupart de ses sœurs la considéraient comme une étrangère et une sauvage. Sa mère avait cessé de lui parler définitivement depuis de nombreuses années, vexée qu’elle préfère suivre la voie de son père plutôt que la sienne, mais surtout effrayée à l’idée de perdre sa fille sur un champ de bataille. Néanmoins, sa cadette, Sigrid, continuait de suivre son exemple et elle s’entendait toujours aussi bien avec son père. Les dîners en famille durant son séjour n’eurent rien de réjouissant, on lui demanda si elle avait rencontré un beau parti à la capitale et elle ne sut que répondre. Mais personne n’osa critiquer ces choix devant elle, même s'il était évident que ça benjamine lui en voulait se ne pas l'aider malgré sa position. Serena prit la suite de sa mère dans la gestion du domaine et ivre de chagrin, Ronan lui laissa entièrement les rênes se retirant peu à peu de la politique et de la vie elle même.


    Compétences



  • Arme blanche (épée à une main) - Niveau 3

  • Sport (équitation) - Niveau 3

  • Arme blanche (lance) - Niveau 2

  • Bagarre (main nue) - Niveau 2

  • Arme blanche (dague) - Niveau 1

  • Intimidation - Niveau 1


  • Derrière l'écran



    Êtes-vous majeur ? Dans ma tête pas sûr, mais sur ma carte d’identité, oui.
    Avez-vous lu le règlement ? Validé
    Comment-êtes vous arrivé sur Les Serments d'Eurate ? Gabriel Lastresang m’en a parlé et je dois dire que je l’ai trouvé très intéressant et très complet et en voyant ce PV je n’ai pas résisté.
    Une suggestion ? Un “digest” de l’univers pour les flemmards * sort * non en fait c’est pas si terrible qu’on pense.
    Ce personnage est-il un DC ? Si oui, de qui ? Nop




    Re: Solène Sombrebois - l'arme du Trimurti ─ Hier à 8:16
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    Réputation - 16.10.2018



  • LA CAPITALE EVALON : PERSONNALITÉ LOCALE



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  • DUCHÉ DE LA CROIX DES ESPINES


  • COMTÉ DE LA CROIX DES ESPINES
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    COMTÉ D'EMERALD
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    COMTÉ DE POSVÁNY
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  • DUCHÉ DE MELLILA


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    COMTÉ D'ARAGON
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    COMTÉ DE CORDUBA
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  • DUCHÉ DE NÉRA : PERSONNALITÉ CONNUE


  • COMTÉ DE NÉRA
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    COMTÉ DE BAROS
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    COMTÉ D'UZÉ
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  • DUCHÉ DE VOLG : PERSONNALITÉ CONNUE


  • COMTÉ DE VOLG
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    COMTÉ DE TERRESANG
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    COMTÉ DE MONT DRAGON
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  • ÎLE DE NACRE


  • Le clergé :..... ■ - ■ - ■ - ■ - - ■ - ■ - ■ - ■... 0000/1999 pts


  • HORS FRONTIÈRES


  • Territoire Thoréen:.... ■ - ■ - ■ - ■ - - ■ - ■ - ■ - ■... 0000/1999 pts

    Territoire Khöz:......... ■ - ■ - ■ - ■ - - ■ - ■ - ■ - ■... 0000/1999 pts

    Royaume d'Azelan:.... ■ - ■ - ■ - ■ - - ■ - ■ - ■ - ■... 0000/1999 pts

    Royaume de Feynes:.. ■ - ■ - ■ - ■ - - ■ - ■ - ■ - ■.. 0000/1999 pts