Rosmée Rudemont - Pisteuse guide
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Rosmée Rudemont - Pisteuse guide ─ Mar 23 Oct - 19:44
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Rosmée Rudemont


“Il y a dans la forêt des bruits qui ressemblent à des paroles. ”


 
27 ans
Originaire du Comté de Mont-dragon
Vassalité : Duché de Volg
Statut social : Citoyenne
Son métier : Pisteuse guide

 

Caractère


Rosmée n’est, en règle générale, ni douce, ni prévenante.  

Bourrue, brute de décoffrage, et d’une glaçante franchise au premier abord, elle devient espiègle dès lors qu’on la connait mieux, mais semble toujours agir avec la doctrine « marche ou crève » ancrée au fond du crâne.

Et le crâne, elle l’a bien dur : difficile de la faire changer d’avis, elle est butée comme un âne, et peut se montrer particulièrement caractérielle.
Si elle peut faire preuve d’empathie, ses gestes de pure bonté sont assez rares, et se tournent souvent vers le règne animal.

Le seul caractère vraiment marquant qui semble l’habiter est une sorte de colère, de rancœur universelle, toujours présente en filagramme, mais qui naturellement canalisée par la vie réglée comme une horloge de la pisteuse. De quoi la rendre plutôt antipathique.

En pleine nature, dans son environnement, elle est plus sereine, maîtresse d’elle-même, et peut même en devenir parfois agréable, révélant un caractère farouche, individualiste, mais pas foncièrement mauvais, quand on connait sa loyauté, sa volonté de bien faire, et quelques bons côtés qui balancent un peu son humour grinçant.

Les villes, cependant, tout ce qui est de pierre, tout ce qui la prive du contact de sa forêt bien-aimée, la voient devenir davantage gauche, moins sûre d’elle, et beaucoup plus renfermée. Elle perd aisément ses moyens quand elle doit parler devant des gens avec des rangs sociaux plus élevés qu’elle, et n’est pas très habituée aux rapports humains dans leur ensemble, n’ayant absolument aucun tact.

Facile à berner pour peu qu’on sache un peu jouer sur les mots, elle évite comme la peste les menteurs et autres beaux parleurs, se sachant très vulnérable à leurs fumisteries, recherchant la compagnie des gens taillés dans le même bois qu’elle.

 

Physique


Plutôt grande pour une femme, Rosmée pourrait facilement se déguiser en garçon si elle le désirait.

Son physique longiligne voit se dessiner des membres déliés, à la musculature sèche qui gâte un rien sa féminité. Sa silhouette se renfle de quelques formes, notamment au niveau du buste, mais rien de particulièrement notable sous ses habits de cuir, apparemment fabriqués de sa propre main. 


Jamais elle ne se sépare des colifichets qu’elle porte autour du cou, notamment d’une pierre d’ambre pendant au bout d’une ficelle de cuir.
De visage, ses traits sont singulièrement marqués. Tout n’est qu’angle, de ses pommettes, jusqu’à l’arrête de sa mâchoire, de son menton triangulaire, jusqu’à l’arcade de ses sourcils.

Ses yeux, profondément enfoncés dans leurs orbites, sont d’un bleu vibrant, légèrement brumeux. Grands, ils contrastent avec l’étroitesse du minois de la pisteuse, entouré de cheveux d’un noir ébène, coupés en garçonne.

Sa carnation est diaphane, rosissant vite au froid et à la chaleur, et quelques cicatrices se dissimulent sous ses frusques, vestiges de rencontres avec des bêtes particulièrement rétives à se faire tuer.

Il se dégage de la femme une impression de tonicité, de force contenue, et il faut dire que sa démarche souple semble indiquer une condition physique entretenue. Ses bras, tout particulièrement, sont ceux d’une archère : dessinés, des épaules larges, des pectoraux légèrement saillants conférant la puissance nécessaire pour bander la corde.

Elle ne semble pas vraiment faire énormément d’efforts pour soigner son apparence, mais s’occupe en revanche de manière manique de son équipement : souvent, un coutelas, un arc, et des habits taillés sur mesure, un long manteau bordé de fourrure durant les saisons les plus rigoureuses.

D’elle-même, elle a une vision assez détachée, ne s’étant jamais considérée comme jolie, mais ne cherchant plus du tout à plaire. Elle évite généralement les robes comme la peste, et préfère que son corps, à défaut d’être élégant, soit performant.

 

Histoire


Enfance


Il y avait ce calme en périphérie des bois, là où ils posaient toujours leur campement. Les trilles des oieaux résonnaient, lointaines, le vent agitait les frondaisons en un murmure ininterrompu, cependant qu’à des lieues à la ronde ne s’étendaient que les arbres, leurs troncs noueux, et les fourmillements infinis de la faune qui résidait sous leur égide.

Cet environnement était familier à Rosmée, loin des villes de pierre, loin du tumulte des hommes, il n’y avait qu’elle, présentement, et la nature.

Ses tuteurs étaient partis à la chasse, leur moyen de subsistance. Cela ne faisait qu’un mois qu’ils la laissaient seule au camp, avant, soit Fendrel, soit Lief, se relayaient pour la garder, lui apprenant un peu de leurs savoirs, de petites bribes précieuses qu’elle emmagasinait goulument.

Fendrel était meilleur chasseur, il tirait admirablement bien, et travaillait le cuir, un artisanat concret qui assurait leur principal moyen de troc, alors que Lief était un ancien pisteur de l’armée, qui accompagnait son ami partout dans cette vie nomade et misanthrope.

Quand Rosmée avait demandé pourquoi, Lief avait simplement répondu que Fendrel était trop las du reste du monde. Que c’était mieux ainsi. Il n’avait jamais dit pourquoi lui-même n’était plus soldat.

Ce n’était pas la seule dissonance de leur propos. L’enfant quémandait souvent des explications sur la manière dont elle s’était retrouvée à leurs côtés. Lief disait qu’elle était la fille d’une de ses amies, morte de la peste, alors que Fendrel avait simplement maugrée qu’ils l’avaient trouvé près du cadavre de ses parents, attaqués par des loups.

Au bout d’un moment, comme leur affection lui suffisait, elle avait arrêté de poser la question.

A cette époque, encore, elle se contentait de peu, malgré ces longues heures à devoir vaquer à ses propres occupations dans un environnement si hostile. S’il lui venait l’envie de converser, quand elle était ainsi seule, alors c’était avec les animaux, c’était avec l’onde ou le souffle de l’air.

Des plaisirs simples, des plaisirs d’enfant, qui ne durent qu’un temps.
 
Adolescence


L’hiver, ils n’avaient pas le choix, il fallait qu’ils retournent à la civilisation pour s’abriter du climat rigoureux du comté de Mont-dragon.  

C’était toujours le même village dans lequel ils finissaient par se réfugier, vivant sur le reste de leurs maigres économies, sur du troc de viande séchée, de confections en peau, et en fourrure, sur la générosité des habitants qui les connaissaient désormais, en participant aux tâches communes.

Le seul moment où Rosmée rencontrait de jeunes gens de son âge. La neige avait envahi les environs des basses masures de pierre, et cependant que les adultes étaient afférés à la déblayer, les gamins jouaient en courant dans la poudreuse.

Elle allait toujours plus vite. Elle sautait toujours plus haut. Voilà un an qu’elle avait le droit de venir chasser avec Fendrel et Lief. Son physique de liane, forgé en se confrontant avec la rudesse de son environnement, lui donnait un avantage certain dans ces banales petites confrontations.

De l’avis général, elle était trop prompte à la bagarre, et peu au fait de la moindre mesure. Il fallait dire que n’ayant vécu qu’avec les règles de la survie, il lui était parfois difficile de s’intégrer à une société où la courtoisie était souvent plus importante qu’un coup de poing dans le nez.

Ce fut le début d’un certain et mortel orgueil, de se savoir plus agile que tous les autres bambins de son âge, bien qu’elle n’en ait rencontré que peu, et pas très bien nourris avec ça.

Dans la nature, elle était absolument, et totalement libre, ne s’imaginant pas que le reste du monde lui imposerait un jour d’autres règles, plus pernicieuses, que de vivre au gré des saisons.
 
Au printemps, au début de la fonte des neiges, c’était le moment que Rosmée préférait. Lief louait ses services à des marchands pour leur faire traverser jusqu’à bon port certains cols, des sous-bois profonds, ou encore des plaines inhospitalières et boueuses.

Il semblait à la jeune fille, fascinée, que son tuteur connaissait tous les chemins. Elle s’entendait bien mieux avec le calme et doux Lief qu’avec le tempétueux Fendrel, toujours prompt à critiquer ses contemporains, et aussi bavard d’un rocher.

Lief apprit à Rosmée ce qu’il savait, intarissable, et étrangement nostalgique, quand il s’agissait de cet art connu par peu.

Elle écouta. Un moment. Les premiers temps. Quand son cœur vibrait encore au diapason avec celui de son tuteur, passionné comme lui par cette nature indomptable et sauvage qu’ils s’étaient mis en tête d’apprivoiser, lieu qu’elle avait toujours considéré comme son foyer naturel.

Et puis elle commença à se détourner. Doucement, mais sûrement. Son esprit vagabonda ailleurs, sur les ailes des histoires que lui racontaient les marchands, fascinés par cette enfant sauvage, à l’apparence de garçonne, aux tiffes coupés courts, et aux yeux d’un bleu si singulier.

Des récits sur des cités de pierre, immenses et magnifiques, sur des bijoux et des toilettes colorés, et dans les malles de certaines femmes, Rosmée trouvait déjà de quoi satisfaire son imagination insatiable, devenant de plus en plus rétive à écouter autre chose que ce qui concernait ces confins qu’elle n’avait jamais pu voir.

Elle en vint à en vouloir à Fendrel et Lief de l’avoir si jalousement gardé en pleine forêt, tandis qu’elle ne rêvait plus que de s’échapper pour découvrir tout ce qu’on lui contait, adolescente absente aux réalités de la vie, qui s’imaginait que l’herbe était plus verte ailleurs.

Une dispute éclata un soir, Fendrel furieux lui reprocha de faire preuve d’ingratitude après qu’ils l’aient élevé, lui aient donné les outils pour survivre dans un monde farouche, et l’aient dérobé à celui encore plus hostile des cités qu’elle rêvait désormais de visiter.

En filigramme, la jeune femme comprit que quelque chose avait profondément dégoûté le chasseur et le pisteur de leurs contemporains, et leur avait donné le goût de la solitude. Comme elle ne partageait pas la même expérience, il lui apparut comme injuste qu’on la cantonne à cette vie d’ermite, ce qu’elle reprocha à Fendrel.
 
Jeune adulte


Il vint un jour une affaire plus longue que toutes les autres, puisque le jeune homme qui menait un convoi chargé de marchandises devait passer par plus d’un lieu pour récupérer ci et là des approvisionnements, en bois notamment, puis descendre finalement vers sa destination finale, une fabrique appartenant à sa famille.

De longs mois, mais une somme juteuse en perspective pour Lief qu’on avait mandé pour faire prendre les routes les moins ardues, et les plus promptes.

Ils rencontrèrent un jeune homme charmant du nom de Maric Maurier, qui devait faire ses preuves par toute cette expédition, et montrer qu’il était apte à reprendre les affaires familiales en se mettant à sa tête. 18 ans, d’un an l’aîné de Rosmée, et il la fascina dès le premier regard.

Ils nouèrent une solide relation, à force d’échanger. Lui semblait parfaitement intrigué par la vie qu’elle avait menée, alors qu’il prétendait que la sienne propre était si banale, mais aux yeux de Rosmée, c’était tout l’inverse.

Mus par ce que la nouveauté a chez autrui d’attrayant et de fascinant, ils demeurèrent durant ce long voyage ensembles autant que faire se pouvait, Rosmée délaissant parfois les tâches qu’on lui confiait pour demeurer auprès de Maric, aux prises avec les prémices d’un amour adolescent, qui finit par éclore durant une nuit de bivouac.

Ils se firent des promesses, se glissèrent des mots doux, des compliments, imaginèrent un avenir qui n’aurait sûrement pas lieu d’être, sans avoir conscience que leur relation était encore naissante. Pour Rosmée, jamais elle n’avait fréquenté un autre être humain que Fendrel et Lief si longtemps.

Maric, à la fin, refusa quasiment de la laisser, et elle proposa de venir avec lui, mais ses tuteurs refusèrent vigoureusement.  

Rosmée fut inconsolable, et enragée contre les deux hommes. C’était comme si on bafouait le destin qu’elle entendait briguer, comme si on ne la laissait pas s’accomplir et qu’on tenait à toujours la mettre en garde sur la nature d’autrui sans qu’elle n’en voie jamais le moindre fondement.

Un mois encore, elle le passa auprès de Fendrel et Lief, mais rien n’était encore comme avant. Elle se languissait de ces longues semaines passées aux côtés de Mauric, de cette aventure romanesque qu’ils avaient vécu à arpenter le duché de Volg dans son ensemble, et ne souffrait plus cette routine éternelle dans laquelle elle était prise depuis son enfance.

Les disputes émaillaient leurs journées, et une, particulièrement violente, finit par déchirer le trio. Lief, lui, ne dit rien. Il était las, fatigué, et il se détourna de sa famille d’adoption, tandis que Fendrel lâchait avec écœurement, en fixant sa protégée avec un dégoût certain, qu’elle n’avait qu’à partir si cela lui seyait tant, mais qu’il lui interdisait de jamais revenir si tel était son choix.

Comme aucun ne voulait céder un pouce de terrain à l’autre, et que Fendrel refusait toujours d’expliquer ses raisons, Rosmée finit par se persuader d’être dans son bon droit, et le prit au mot, échauffée par ses paroles.

Elle le regretta après quelques jours à cheminer vers Boisnoir, là où se trouvait la demeure familiale de Maric, mais se convainquit qu’elle avait pris la bonne décision.

Des jours et des nuits de marche, ses bottes solides tinrent le coup, et elle était habituée à se suffire de peu, à dormir n’importe où, mais le gibier se fit de plus en plus rare à, et elle n’était guère en mesure de comprendre comment fonctionnait le commerce ainsi qu’on ne lui avait jamais appris la valeur de la monnaie, et que le seul système qu’elle connaissait était le troc.

Boisnoir vit une Rosmée aux traits tirés, et aux vêtements fatigués, en traverser les portes.

Enfin, elle était là où elle avait rêvé d’être, et un temps, son épuisement céda la place à un émerveillement complet. Les premiers jours. Qui se transformèrent en semaine à demander partout si quelqu’un connaissait le nom de Maurier, et pouvait lui indiquer la demeure de Maric.

Les premières nuits passèrent dans une auberge, avant qu’elle n’ait plus de quoi payer, et qu’elle doive dormir contre le conduit d’une cheminée, dans une ruelle, qui apportait un semblant de chaleur.

La ville n’était pas aussi grande qu’elle se l’avait fantasmée, mais l’extase de la découverte occulta cette première impression d’étroitesse.
La première chose qui la surprit fut le bruit. Omniprésent. Qui l’empêchait de dormir, même au creux de la nuit, des voix venaient à percer le silence parfois, et la journée, se succédaient olas et harangues qui désorientaient la jeune femme.

Qu’à cela ne tienne. Sa résolution était encore tenace, elle ne pouvait chasser de son esprit Maric en une si petite période de temps, pas après tout ce qu’ils avaient traversé. Tout ce qu’ils s’étaient promis.

Quand enfin elle finit, sur un témoignage, par retrouver la demeure Maurier, elle fut refoulée à la porte. Persuadée qu’il s’agissait d’une méprise, elle demeura plusieurs jours durant dans une rue attenante, à surveiller l’entrée, jusqu’à revoir enfin sortir seul, une fois, son cher et tendre.

Elle se précipita à sa suite, jusqu’à pouvoir l’attirer à l’écart de l’agitation de la rue.

Les retrouvailles ne furent pas celles escomptées. Maric semblait surpris de la voir, puis quasiment en colère. Il ne souhaitait pas que sa famille ait vent de ce qui s’était passé entre eux.

Confuse, elle tenta de lui expliquer qu’elle était venue pour le revoir, mais il demeurait sur la défensive.

Elle sentit affleurer à ses yeux des larmes, alors qu’elle pleurait si rarement, ne pouvant tout simplement pas envisager qu’elle avait fait tout cela… Pour rien, tandis qu’il se comportait comme une bête acculée, refusant de la chasser, tout en s’entêtant à dire que non, elle ne pouvait pas rentrer dans sa demeure, ni être jamais présentée à ses parents, qu’il fallait qu’ils se cachent si elle voulait un jour le revoir.

A bout, il finit par lui proposer de lui trouver du travail en tant que domestique, au moins quelques temps, qu’ils puissent se fréquenter, qu’elle puisse rebondir…

Et cela ne dura effectivement qu’un temps. Un temps effroyable. C’était une auberge dans laquelle Mauric avait ses entrées, et certains soirs, il venait la retrouver là, mais pas question d’évoquer leur relation à qui que ce soit, même aux autres serveuses.

Rosmée accepta, ne sachant pas où elle aurait pu aller d’autre. Si ça n’avait pas été Maric qui avait insisté auprès de son patron pour qu’elle reste, il l’aurait sûrement mis dehors dès la première semaine. Rien que pour cela, elle se sentait profondément redevable, ce qui amorça un lent cercle vicieux.

Elle finissait par ne vivre que pour ces petites bulles de bonheur qu’il lui offrait, s’imaginant piégée à tout jamais, se rappelant des dernières paroles de Fendrel qui la maudissait.

Porter une robe était déjà d’un inconfort certain, et elle se rendit compte de tout ce qu’elle ne savait pas, de tout ce qu’elle avait imaginé, et prétendu connaître, mais qui lui manquait cruellement.  Quand parler, comment regarder autrui, comment saluer, remercier, demander un service, comment marchander, tant de choses dont elle n’avait jamais eu besoin, et son agilité, ou son endurance, ne lui étaient ici d’aucune utilité. La société était tissée de codes complexes et que tout le monde semblait naturellement percevoir, sauf elle. Elle était si gauche, par rapport à l’image qu’elle avait toujours perçu d’elle-même, que ses contemporains en vinrent à la considérer comme presque sotte, inapte.   
L’était-elle ? Être si insignifiante, si quelconque, fut comme une douche froide, elle qui se figurait si forte, et résistante à n’importe quelle épreuve. L’humilité avait un goût amer, et ce remède ne fit naître qu’un nouveau poison : une dépendance totale à Maric, seul radeau auquel elle se raccrochait dans cet océan impitoyable où elle n’avait aucun repère.

Oh, elle fut heureuse, de nombreuses fois, simplement parce qu’il était là, et elle finit par se rendre compte qu’il était le seul à pouvoir jouer de la sorte avec elle, à la faire se sentir plus bas que terre, et l’instant d’après, chérie et protégée.

Il n’y avait pas de futur à cette situation, mais elle ne s’en rendait pas compte, pas encore, jusqu’à ce qu’il ne donne pas de nouvelles pendant des jours durant et qu’elle se mette en tête, malgré qu’il lui ait formellement interdit, de venir le retrouver devant chez lui.

La soirée était avancée, et si Maric mit du temps à sortir, quand il le fit ce fut avec une autre jeune femme, dont il tenait fermement les mains, et ils demeurèrent si longtemps sur ce porche, leurs visages proches, que Rosmée préféra s’en détourner bien vite, l’estomac retourné.

Il finit par revenir la voir, bien sûr, et elle l’interrogea alors sur la jeune femme. Mortifié, il prétendit d’abord ne rien savoir, puis s’énerva, avant de cracher que c’était sa promise. Devant la mine de Rosmée, il se rattrapa bien vite, expliquant que tout cela n’était qu’arrangé, et qu’il continuerait de pouvoir venir la voir, elle, malgré tout.

Mais le mal était fait. Il ne restait plus grand-chose à Rosmée, mais elle partit avec ça, touchée dans le peu d’orgueil qu’elle possédait encore. Jamais elle ne revit Maric après cela, bien qu’il lui soit parfois passé par la tête de tenter de rentrer à nouveau dans ses bonnes grâces, un sentiment de culpabilité, comme si cette relation sabotée était entièrement sa faute, la tiraillait. 

Elle s’enfonça dans des ruelles moins bien famées, ne sachant pas vraiment où elle allait, elle finit dans un bouge miteux, à boire et jouer aux dés, jusqu’à ce que le lendemain elle se réveille, dépossédée de quasiment tout ce qu’elle avait, surtout des jolis bijoux qu’elle conservait toujours, légués par Fendrel et Lief, et que même en période de disette elle s’était refusée à vendre.

On lui expliqua qu’elle s’était endettée tant et si bien qu’il lui fallait désormais rembourser. Quelques petites frappes, à priori, qui avaient flairé l’étrangère aux possessions intéressantes, et l’avaient fait boire plus que de raison tandis qu’elle avait besoin d’épancher son chagrin d’amour.

Vie adulte


Rosmée parle peu de cette période. Elle connut la faim, le froid, elle connut l’humiliation, et elle sut que Fendrel avait raison, cependant que son ressentiment croissait, que rien n’aurait pu la préparer à tout cela, que même quand elle s’était crue au fond du trou, il lui arrivait encore de pouvoir descendre plus bas.

Elle dût voler, mentir, se parjurer, et accomplir des choses dont elle ne se serait jamais crue capable pour survivre.

Elle dût grandir, surtout, se délester de sa naïveté et de son orgueil, apaiser sa colère, qui jadis l’aiguillait dans toutes ses décisions, la tapir et la laisser au repos, pour en faire une arme redoutable le moment venu.

Il arriva un moment où elle fut enfin libre de partir, ou de rester, et étrangement, cela lui prit bien des jours, à faire ce choix, alors qu’elle n’avait jamais rêvé, quand elle évoquait les grandes villes, toute cette crasse, cette misère. Pourtant, elle s’était enfoncée si loin dans ce monde de débauche, qu’il lui était difficile de revenir en arrière. Ce fut peut-être ce qui lui demanda le plus de volonté, après 5 ans d’absence.
Choisir de revenir aux sources, même si tout ce qu’elle avait été lui semblait désormais bien lointain.

Cette vie-là consumait, la dénaturait.

Il fut surprenant pour elle de se rendre compte qu’une fois en pleine nature, elle n’avait rien oublié du tout, que son corps se souvenait pour elle. Comme si elle n’était jamais partie. Le soleil ne lui avait jamais paru si lumineux. Le monde si calme, quand elle bivouaquait.

Plus elle approchait de sa contrée natale, plus son cœur se serrait, à l’idée qu’ils ne veuillent peut-être pas la revoir.

Quand elle arriva au village où ils passaient d’habitude l’hiver, on ne la reconnut pas. Les autres enfants avaient aussi grandi, et elle ne souhaita même pas s’identifier. Elle demeura là, attendant, priant pour qu’à la saison froide, cette fois encore, ils reviennent.

Il était seul. Lief.

Elle le reconnût, dès qu’il rentra dans le petit gîte pour les voyageurs, même si son visage s’était légèrement ridé. Il fallut quelques instants à Rosmée pour se redresser, accourir vers lui.

Tout se passa, pour une fois, mieux qu’elle n’avait imaginé. Et puis la nouvelle tomba.

Fendrel était mort l’année d’avant, contre les violentes attaques de loups qui avaient sévi dans cette partie du Duché.

Parti. Sans qu’elle n’ait jamais pu s’excuser. Ce fut une idée que Rosmée eut du mal à accepter totalement, surtout maintenant qu’elle comprenait si parfaitement ce qu’avait pu ressentir le chasseur.

Devant sa tombe, elle ne put que lui demander pardon, et arborer pour les années à venir son nom. Rudemont.

A Lief, quand il lui demanda, elle n’osa conter tout ce qui était arrivé. Elle préféra qu’il parle de lui, pour que cette fois elle puisse réellement et entièrement l’écouter.

Un mois plus tard, quand les neiges fondirent, elle devint vraiment son apprentie, cependant qu’il lui montrait les secrets des chemins, et lui enseignait tout ce qu’il savait.

Sa rage, celle qui lui permettait de tenir debout, depuis tant d’années, s’estompa doucement au contact de ce monde qui avait été le sien. Qui ne l’avait jamais quitté, qui avait toujours imprégné son être. Dont elle n’aurait jamais dû se détourner, la tête pleine d’illusions. Il lui fallut longtemps pour faire le deuil de Fendrel, et sûrement une éternité encore pour se pardonner.

Mais elle recouvra la sérénité auprès de la nature, et put enfin construire quelque chose d’un tant soit peu solide.

Aujourd’hui, elle continue d’officier, comme Lief le faisait depuis des années, en tant que pisteuse et guide, vivant cette existence nomade et solitaire qu’elle ne prévoit pas de quitter à nouveau. 

 Si elle demeure relativement en marge des évènements les plus importants, elle est mieux intégrée aux populations du duché que le défunt Fendrel, notamment durant la peste qui toucha en l’an 1248 plusieurs des villages où elle avait ses habitudes. Elle transporta des médicaments, même en plein hiver, au mieux, mais vit souvent périr les plus atteints.

Ce fléau la marqua, et le plus gros de ses activités se concentre en de petits contrats ponctuels pour traverser les forêts et les pleines le plus vite possible, et approvisionner divers coins du duché dans des denrées dont ils peuvent manquer.

 

Compétences


 
  • Survie – Niveau 3

  • Artisanat (travail du cuir) – Niveau 2

  • Arme de jet (arc) – Niveau 2

  • Discrétion (en pleine nature) – Niveau 2

  • Sport (course) – Niveau 2

  • Animaux (certains animaux sauvages) – Niveau 1

  •  

    Derrière l'écran


     
    Êtes-vous majeur ? Majeure et vaccinée !
    Avez-vous lu le règlement ? VALIDE
    Comment-êtes vous arrivé sur Les Serments d'Eurate ? Alaric m’a conseillé le forum
    Une suggestion ? Aucune pour le moment
    Ce personnage est-il un DC ? Si oui, de qui ? Non !

     


    Re: Rosmée Rudemont - Pisteuse guide ─ Mer 24 Oct - 16:34
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    Bienvenue nouvelle Vogienne!

    Heureuse de voir que tu viens de nos contrées neigeuses ^^


    Re: Rosmée Rudemont - Pisteuse guide ─ Ven 26 Oct - 9:12
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    Validé !!


    Une histoire bien sympa que nous avons là et un personnage tout aussi intéressant.

    Te voici à présent validé aussi je te souhaite officiellement la bienvenue sur Eurate. Tu vas donc pouvoir rejoindre le groupe des Citoyens et je vais t’inviter dès à présent à :

    ■ Te créer un carnet d'aventures afin d’avoir un suivi de tes rps.
    ■ Aller lire les différentes demandes de RP pour trouver des partenaires de jeu.
    ■ Poster un sujet dans les correspondances. C’est ici que les autres joueurs pourront t’envoyer des courriers en restant dans du roleplay.
    ■ Suivre l'arrivée de nouvelles quêtes disponibles afin de rejoindre d’autres joueurs en ayant déjà un but précis.


    N'oublie pas de voter pour nous aider à promouvoir le forum en échange de récompenses (tu peux retrouver les 5 boutons de vote à la fin de la page d'accueil) et surtout, amuse toi bien !

    Re: Rosmée Rudemont - Pisteuse guide ─
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