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Cibran Sastre [Terminé]
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Cibran Sastre [Terminé] ─ Ven 22 Nov - 21:07
Cibran Sastre
    Cibran Sastre

    Cibran Sastre


    “Du guide, le sage suit le regard, l’idiot observe le bâton”



    32 ans
    Originaire d'Aquila - Baronnie de Valacar
    Vassalité : Triarques
    Statut social : Clerc
    Son métier : Moine Rajaste - Prédicateur


    Caractère



    Tout semble couler sur lui, les afflux de la masse comme les courants du temps ;  Il serait l’un de ces rocs impossible à éroder, un rempart sur lequel les plus violentes vagues se fracassent et se divisent. Peu importe la véhémence de la houle ou son poids de sel, il donne l’impression de pouvoir en endurer les charges, de surplomber les épreuves. Cette force tranquille, est le fruit d’une discipline travaillée par les décades ; Elle était jadis incandescente, mettant l’enfant qu’il fut à fleur de peau, promettant de le charrier sur on ne sait quel front. Il n'aurait pas été injuste d'envisager la maraude, ou pire, les exactions légales ; De celles commises sous couvert des petites guerres seigneuriales. Son salut, il le doit probablement au Magister Cassian, qui a vu sous l’ardeur crasse de sa jeunesse dissolue, le scintillement d'une flamme destructrice que la foi pourrait domestiquer. Aux yeux impressionnables de ce disciple, le feu est alors devenu porteur de chaleur, de lumière et au déclin de son éphémère existence, de renouveau.
    Celui que les habitants d'Aquila nomment « Le porteur de talismans », est aujourd’hui bien loin de Nacre, vendant aux plébéiens, chapelets, petites idoles et pendentifs de bois sculptés aux effigies de la trinité. Ceux qui ne viennent pas rechercher la protection ou la grâce du Trimurti dans ses breloques, viennent quérir ses conseils ou une forme de paix intérieure.

    Cibran prétend avoir choisi cette vie ascétique, loin des hautes instances religieuses du continent, gardant en lui la conviction tenace que le divin perd sens et essence lorsqu'il s'acoquine aux arcanes du pouvoir matériel. Ainsi on le voit rarement mêlé aux autres dévots et représentants officiels du clergé, qu'il estime en grande partie corrompus, au mieux dévoyés.
    Il se contente de la reconnaissance mutuelle qui le lie encore aux ordres, mais garde pour lui, une certaine marge de manœuvre. Une largesse excusée par ses aînés tant qu'elle ne porte pas atteinte à l'image et à l'autorité des Triarques. Son pèlerinage a bien été accueilli voire encouragé par les dignitaires du sanctuaire insulaire de Reilliem pour ces raisons. Intègre et pieu, il s'adapte au cycle, luttant contre les tentations qui pourraient l'amener à influer sur l'ordre établi ; Il est cependant de ces esprits exaltés, capables de voir et d'interpréter la providence dans les détails les plus anodins. Un augure cheminant au milieu des pièges dressés par son propre ego ; Un théurge qui arpente un monde spirituel dont il pourrait bien être le démiurge. Entre les hommes d'esprit et les songe-creux, il se trouve encore assez de candeur pour s'autoriser à rêver, assez de bienveillance pour rechercher à donner dans l'échange et suffisamment de sagacité pour éviter l'intrigue.

    Il suffirait d'une œillade pour le charger de rigorisme, il suffit pourtant d'un échange pour que se révèle sa tolérance. Son ouverture d'esprit ne l'empêche cependant pas de sombrer dans le jugement et s'il s'en repent, il ne se dépare pas de ses mauvaises manies. Espiègle et porteur de la fougue Valarienne, il lui arrive encore de penser que certains enseignements nécessitent plus de travail manuel que de transmission orale. Il aime les plaisirs simples, se réjouit et s'enhardit parfois de bien peu ; Du moins de l'avis de ceux qui possèdent tout, au point de se sentir désœuvrés et démunis à la simple idée de ne plus savoir, quoi acquérir. Il se laisse porter par les courants immuables, encore doux et cléments avec lui. Sa seule poursuite est celle de la connaissance. Son devoir est d'honorer les bâtisseurs du plus grand des royaumes, en devenant le gardien de ses hôtes, en acceptant d'être porteur de leurs enseignements. Il n'y a pas de destination prévue pour arrêter sa progression, seulement quelques appels pour jalonner son interminable traversée. Il sait qu'il arrivera quelque part, là où il doit se trouver, car il n'y a pas de place pour le hasard : Tout est un, un est tout.


    Physique



    Sur les dalles éparses et la terre battue du faubourg, un amas de drapés semble flotter. Les embruns marins accablent un fugace instant cet oriflamme écru et fauve, qui se love alors contre le corps noueux de sa hampe.  Si le gros de la roture s'incline au passage de l'homme occulté sous la pléthore de voiles, c'est parce qu'elle le surplombe d'une demi tête. En dépit de sa faible stature, de sa silhouette longiligne, le monial engoncé dans ces amples frusques trahit une grâce et une puissance certaine dans sa posture et son allure. Des couches de lin, seuls ses bras dénudés et colorés par le hâle du cru émergent ; Si ciselés et secs qu'ils semblent tanné dans le plus robuste des cuirs. Alors qu'il s'engouffre sous l'une des arches perforant la halle du marché, son capuchon s'abaisse, découvrant un crâne coiffé d'une chevelure châtain, drue et coupée rase. Les pavillons cartilagineux de ses oreilles fines, légèrement décollées, accaparent les maigres rais de lumière filtrant encore par les ouvertures et auréolent son visage carré, de coupoles rougeoyantes. Quand la clarté se refait dans la pénombre, ses traits et contours anguleux révèlent un visage harmonieux, bien qu'austère. Une espèce de finesse brute, de celles révélées par certaines constructions militaires, tout juste retravaillées et agrémentées pour le plaisir des yeux. Des lèvres charnues, soulignées par un menton volontaire ainsi qu'un nez droit et pointu, encadré par des pommettes hautes et saillantes. Les iris du natif jurent pourtant avec les couleurs officielles de la baronnie, tirant vers un bleu gris intense. Reflets des cieux indécis, traversés d'ombrageux troupeaux chassés par l'azur.

    Ses poings ceints jusqu'aux avant bras de tressages de corde, sont refermés sur quelques bracelets de perles boisées, rythmant sa progression et imitant le chant si singulier, des bâtons de pluie. Loin de faire honneur au commerce de la Citadelle de l'aube, il n'arbore pas les nobles tissus qui font la renommée de Valacar ; Il revêt une tenue de cainsil lâche, resserrée sur son abdomen et ses mollets par d'épaisses bandes. Des bottes à semelles épaisses, tout aussi grossièrement ajustées mais doublées de laine et de cordons de cuir. Le seul de ses biens, suffisamment ostentatoire pour attirer l’œil des chapardeurs, est le chapelet de nacre battant son flanc ; Une parure achevée par un médaillon marqué de la fleur aux dix pétales. Certains se sont laissés tenter mais n'ont emporté avec eux, que de cuisants enseignements. Pour les habitants de la côte, le porteur de talismans est redevenu une figure familière. On entend parfois parler de lui jusqu'au promontoire pour son "exotisme" ; Plus souvent pour son "originalité". Il est de ces gens qui ont potentiel à déchaîner les passions et que seule l'indifférence semble survoler ; Il a à cœur de laisser planer derrière lui de vives émotions. Qu'elles soient douces ou amères, elles font partie des charmes les plus puissants et couteux, qu'un homme puisse fournir.



    Histoire


    Aujourd’hui, je ne porte pas le deuil, j’accueille une nouvelle naissance ; Je ne porte pas de cendres, mais des semences. D’aussi loin que je me souvienne vieux frère, tu as été le plus salutaire de mes pères. Je crois que le reflux, chargé de fragments de mémoire, ramène l’essentiel sur les berges de ma conscience.
    J’ai croisé ta route à l’aube trouble de mon existence, pareille à un de ces matins annonçant la venue des grands froids, chargée de brume, mordante, dépouillée de repères. Je n’avais ni vent, ni astre pour me guider, pas même l’horizon … Juste des masses incertaines, ébauchées par le seul empire de mon imagination ; Porteuse de mes peurs, comme de mes espérances. Les attentes que je partageais alors avec les miens étaient vides de sens et comme nos ventres, creuses, gonflées par une faim que rien ne semblait pouvoir apaiser. De ma fratrie, j’étais le plus jeune, c’est très certainement pour cette raison que je n’y avais pas encore laissé ma dévotion et une certaine forme d’innocence. Mon foyer ne m’apportais qu’une chaleur relative, celle que me portais la femme que je nommais Ma Itziar. Une matrone forte, dure avec ses petits soldats des rues, mais toujours tendre avec moi, j’étais un petit oisillon mal nourri au milieu de ses rapaces. Zeferi, Eiquem et Onofre m’ont toujours fait payer ces faveurs et avec du recul, je comprends que les regards de Ma avaient plus de valeur pour eux, que tous les écus rapinés au promontoire. C’est de cela que nous vivions, surtout sur les périodes estivales où la noblesse aimait  s’aventurer au delà de son petit plateau pour sonder les gorges plus misérables d’Aquila. De celles qu’on avait à cœur de soustraire aux yeux du bon peuple, qui se nichaient entre les escarpements et les remparts pareilles à de mauvaises herbes, couronnant les pentes abruptes de passerelles branlantes où les « bâtisses » poussaient comme des renflements dans la pierre. Cet endroit, c’était la Faloise, un bubon sur le flanc de la cité que même les faubourgs semblaient lorgner avec dédain. Nous autres, les crève la faim, nous n’avons jamais manqué de rien, parce que le rien était au final la seule chose que nous étions sûrs de posséder. Je volais sous les cimes de chair et d’étoffes, officiant comme éclaireur, repérant les proies.
    C’est là que je l’ai vu, la promesse d’un envol, de considérations nouvelles. Ces perles de nacre pendantes, presque offertes, agrippées à des pétales qui fleuraient la consécration. J’avais cette fois trouvé l’audace de toucher avec bien plus que mes yeux, comme guidé par une force et j’ai tendu mes menottes avides vers ce sigil immaculé.

    - Tu brûles peut-être au point de ne pas avoir peur du feu, mais tes doigts t'en cuiront tout de même. 

    Telles étaient tes premières paroles, tu me regardais alors avec sévérité ; Ton visage grêlé et déjà parcheminé semblait accentuer cette expression de gravité. As tu seulement été jeune ?
    Mis au défi, je n'ai pu résister à cet appel et je t'ai souri, insolent, avant de retenter. Je n'ai pas vu la vieille main calleuse émerger des étoffes de ta robe, la fulguration d’albâtre s'est cependant fait sentir, marquant ma joue d'une chaleur radiante. Un subtil mélange de douleur et de colère m'a envahi.

    - Est-ce que cela en valait la peine mon garçon ?

    Rageur, me voulant impossible à domestiquer, j'ai rué, hurlé et fondu sur toi. Je restais néanmoins ce petit oisillon et tout vénérable que tu étais, tu celais une insoupçonnable force. Sans peine, tu m'as fait danser, choir, grogner. Je gage que tu t'es ce jour là, beaucoup amusé. Comme un de ces montreurs, tu exhibais un animal qui se voulait farouche à la foule amusée. Je crois que mon courroux a tout occulté à cet instant, leurs rires, mon chagrin, ma peur ... Ma conscience.
    Je me suis éveillé chez moi et pour la dernière fois, Ma me veillait avec tristesse. Avant même qu'elle ne dise mot, je sus ce qu'elle allait m'annoncer ; Je sus avec une indescriptible tristesse, que je la voyais pour la toute dernière fois. Je crois qu'elle m'a laissé partir à contrecœur, qu'elle a accepté ton intervention parce que tu as su trouver les mots. Tu as compris qu'elle avait pour moi, des attentes particulières.

    J'ai fait pénitence, payé mes exactions en perles de sueur, j'ai enduré le poids de mes offenses afin de connaître le sentiment de libération récompensant le dur labeur. Cette intronisation m'a seulement permis d'effleurer l'éveil. J'ai entendu l'appel du Protecteur quelques années plus tard, le jour où tu m'as donné la plus dure de toutes tes leçons.

    Zeferi et Eiquem avaient tiré la queue du serpent une fois de trop et c'est à son étreinte qu'ils ont succombé, tu m'as amené à devenir témoin de ce sombre événement, faisant de leur potence, la charpente de ton éducation. J'ai compris à ce moment là, en dépit de la rancœur que je te portais, que tu m'avais fait don de la vie. Emporté par la hargne et l'amertume, j'ai alors redoublé d'efforts, meurtri mon corps, cherché à en faire un imprenable fort. Un écrin susceptible de protéger mon esprit blessé. J'ai inlassablement continué à te défier, comme l'aurait fait un fils ; Tu as sans répit creusé pour exhumer ces maux et les libérer, comme l'aurait fait un père. J'ai du sortir de cette geôle éphémère pour pouvoir enfin régner sur elle. La résilience, l'acceptation et le pardon, accompagnant peu à peu mes pas.

    Je n'ai pas choisi de cheminer vers Rajas pour marcher dans ton ombre et fouler tes empreintes. J'ai accompagné des moribonds vers leurs derniers soupirs et observé les passeurs escorter ceux qui s'en allaient pour honorer le renonçant. J'ai épongé le front des créatrices et admiré la douceur des ventrières accueillant ceux qui s'en revenaient. Mais il y a toujours eu en moi cette vivacité débordante, celle qui me pousse à résonner avec ce qui est, à ignorer les échos de ce qui fut ou l'annonce de ce qui sera. J'ai contemplé avec ivresse, l'expression de la vie, dans des danses, aussi gracieuses que mortelles et laissé se déchaîner nombre de mes passions dans leurs pas. J'ai vu les éléments se déchaîner dans un poing, l'accalmie naître dans une paume et le fer s'incliner contre des phalanges.

    Je ne pouvais plus me trouver ailleurs. Aujourd'hui pourtant je doute, loin des sanctuaires de Nacre, de sa quiétude perturbée par les seuls caprices de l'océan, le continent me semble plus dangereux qu'auparavant. Derrière les masques et les soieries, je vois transis et linceuls. Au delà des foules porteuses de vie, je devine les masses grouillantes de charognards, prêtes à suivre des prédateurs pour se repaitre des miettes, laissées dans leurs sillages. Comme tu l'as fait pour moi, j'aimerais leur apprendre que survivre n'est pas vivre, mais leur voracité me semble plus grande que ne le fut la nôtre.

    C'est ce qui me donne la force de te libérer aujourd'hui, l'espoir que tu puisses rester intègre à travers les cycles et apporter à nouveau ta lumière dans ce monde qui me semble atteindre l'un de ses déclins. Puisses tu connaître la paix ou en redevenir le gardien dans une autre de tes vies.

    Adieu Cassian, à bientôt vieux frère.



    Compétences



  • Voie de Rajas - Rang III

  • Bagarre (Arts Rajastes) - Rang III

  • Athlétisme - Rang II

  • Erudition (Théologie) - Rang II

  • Persuasion- Rang I

  • Artisanat (Sculpture sur bois) - Rang I


  • Derrière l'écran



    Êtes-vous majeur ? Pas qu'un peu.
    Avez-vous lu le règlement ? (Hocus pocus et flicitus)
    Comment-êtes vous arrivé sur Les Serments d'Eurate ? Tombé d'un/sur/sur un Topsite
    Une suggestion ? Continuez ?
    Ce personnage est-il un DC ? Si oui, de qui ? Rien que du neuf.




    Re: Cibran Sastre [Terminé] ─ Sam 23 Nov - 13:03
    Magdalena de Tejada
      Magdalena de Tejada
      Duchesse
      La bienvenue cher nouveau sujet !
      Re: Cibran Sastre [Terminé] ─ Sam 23 Nov - 22:00
      Ysomir Valacar
        Ysomir Valacar
        Baron
        Je te souhaite la bienvenue en Valacar mon ami ! N'hésite pas si tu as des questions.
        Re: Cibran Sastre [Terminé] ─ Sam 7 Déc - 23:48
        Nathaël
          Nathaël
          Bienvenue à toi Messire clerc ! Very Happy
          Re: Cibran Sastre [Terminé] ─
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